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Podcasts/Fadi Akil (Untimely Thoughts)/Rauch, Neo

Rauch, Neo

peintre, sur l'influence de Jünger sur sa peinture

Outre Neo Rauch, présenté dans le film comme « l'un des plus grands peintres allemands contemporains », interviennent plusieurs historiens, spécialistes de littérature et critiques que les sous-titres automatiques ne nomment pas ; leurs noms ne peuvent pas être restitués avec certitude à partir du texte. S'y ajoutent un commentateur, des citations de Jünger lues en voix off (extraites d'Orages d'acier, des carnets, de Rayonnements) et des sons d'archives de Jünger. Les sous-titres citent « Hans Joas » dans une phrase sur l'entrée dans la Pléiade ; il s'agit d'une erreur (« Jünger est entré dans la Pléiade »), non d'un intervenant.

In den Gräben der Geschichte | Der Schriftsteller Ernst Jünger | ARTE-Doku 2019

Fadi Akil (Untimely Thoughts) · Apr 21, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ 41 Ko de transcription ; sous-titres allemands automatiques en minuscules, par endroits déformés)

Core ideas

Pourquoi Jünger intéresse de nouveau aujourd'hui. Le film part du présent : Jünger passe pour l'un des grands stylistes allemands (son fonds est conservé aux Archives littéraires de Marbach) et en même temps pour une « figure funeste de l'histoire intellectuelle allemande ». Les voix voient dans cette figure un rapport à l'histoire propre, une fascination pour l'antilibéralisme et l'antihumanisme chez les adversaires de la démocratie, l'instrumentalisation de son portrait de jeunesse, antidémocratique, par la Nouvelle Droite « identitaire » – et répliquent qu'on devrait le lire pour le réfuter, et ne pas se laisser guider par des étiquettes comme « va-t-en-guerre » ou « contempteur de la démocratie ».

Origines, Légion étrangère, guerre. Sur le plan biographique, sont esquissés le père (chimiste, féru d'histoire), la mère (littéraire, Goethe), les expéditions aux coléoptères et dans les marais avec son frère Friedrich Georg, les internats, la fuite dans la Légion étrangère à 18 ans et le déclenchement de la guerre en 1914 comme « libération ». Pour le jeune Jünger, la guerre est faim d'aventure et d'expérience, apolitique ; ses carnets consignent les détails avec précision et « froideur », et la distance (le « regard froid de Jünger ») est interprétée comme stratégie de survie et d'écriture. Un historien appelle la Première Guerre mondiale la « catastrophe originelle » et Jünger l'auteur qui aurait décrit à la fois la modernisation et l'autodémenti du libéralisme bourgeois. Les voix sont partagées : Orages d'acier est-il une esthétisation et un refus de réfléchir (« apologétique ») ou les carnets de guerre publiés plus tard (« sale guerre ») montrent-ils le contraire ; un intervenant voit dans le style froid une médiation plutôt française (Flaubert) qu'allemande.

Années de Weimar, « précurseur » et antisémitisme. Le film traite de la publicistique nationaliste des années 20 (« Je hais la démocratie comme la peste », phrase supprimée plus tard), de sa proximité et de sa distance envers Hitler et le NSDAP, du cercle berlinois et du Travailleur (1932). À la question de savoir s'il a préparé la voie aux nazis, un intervenant répond : l'époque a donné sa voie aux nazis, et Jünger a donné à cette époque son concept. Son article sur la « question juive » (fin des années 20) est longuement discuté : un intervenant en conclut qu'il était antisémite, même si Jünger y souligne le droit des juifs à leur particularité et se distingue de l'antisémitisme d'extermination ultérieur ; on souligne aussi qu'il décrivait les juifs assimilés avec des stéréotypes antisémites classiques (« maîtres du masque »).

Époque nazie, Paris, après-guerre. Après 1933, Jünger refuse la récupération, quitte Berlin, voyage et collectionne des coléoptères ; Sur les falaises de marbre est lu comme un livre de résistance, mais un intervenant se dit agacé que les héros croient pouvoir résister « par la seule force de l'esprit ». À Paris, il fréquente Picasso, Braque et d'autres artistes, connaît le cercle de Stülpnagel et écrit le Manifeste de la paix sans participer aux projets d'attentat ; sur le front de l'Est, il apprend des fusillades de juifs et décline des visites. Un intervenant juge monstrueux, dans leur « absence de pitié », ses passages esthétisants du journal parisien (le « calice… survolé en vue d'une fécondation mortelle ») ; un autre y voit de la maîtrise de soi. Après 1945, il refuse le questionnaire de dénazification, est frappé d'interdiction de publier, s'installe à Wilflingen et reste irréconcilié avec la République fédérale. Le film conclut que Jünger restera surtout comme diariste et « témoin de son temps », et que sa publicistique antidémocratique est aujourd'hui « inscrite » chez lui et « reprise » par des intellectuels de droite, non détournée.

Excerpts

“« Sa manière de regarder le monde depuis le cristal a engendré tout un flot d'images ; au début des années 90, je me suis simplement laissé porter, par le son de sa langue, par certains termes, jusqu'à des images. »”

“« Je dirais que c'est l'époque qui a ouvert la voie aux nazis ; en cette époque, Jünger a été quelqu'un qui a vraiment saisi cette époque dans son concept. »”

“« Je trouve ces descriptions, et bien d'autres dans le journal parisien, dans leur absence de pitié – et je dirais dans leur antihumanisme, dans leur attitude inhumaine –, il faut bien le dire, je trouve cela monstrueux. »”