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Podcasts/Fadi Akil (Untimely Thoughts)/Rauch, Neo

Rauch, Neo

peintre, sur l'influence de Jünger sur sa peinture

Outre Neo Rauch, présenté comme l'un des plus grands peintres allemands contemporains, interviennent plusieurs historiens, spécialistes de littérature et critiques que les sous-titres automatiques ne nomment pas ; leurs noms ne peuvent pas être restitués avec certitude. S'y ajoutent un commentateur, des citations de Jünger lues en voix off (Orages d'acier, carnets, Journal parisien) et des enregistrements d'archives. Les sous-titres sont très bruités (nombreuses phrases incohérentes, noms déformés comme « young heures », « junger », « Hans Joas » pour désigner la Pléiade) ; le contenu est recoupé avec la version allemande du même film.

Dans les tréfonds de l‘histoire | L’écrivain Ernst Jünger | ARTE 2019

Fadi Akil (Untimely Thoughts) · Apr 21, 2021 · partial coverage

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Coverage note: full (environ 40 Ko de transcription ; sous-titres français automatiques, par endroits illisibles)

Core ideas

Pourquoi relit-on Jünger aujourd'hui ? Le film part du présent : Jünger (mort en 1998 à 102 ans, fonds conservé aux archives littéraires de Marbach) est l'un des grands stylistes de la littérature allemande et, aux yeux de nombreux critiques, une figure funeste de l'histoire intellectuelle du pays. Les intervenants soulignent la fascination de son critique du libéralisme et de l'humanisme pour ceux qui veulent en finir avec la démocratie, l'instrumentalisation de son portrait par le mouvement « identitaire », et défendent à l'inverse la lecture de ceux avec qui l'on n'est pas d'accord, plutôt que les étiquettes (belliciste, nationaliste, antidémocrate).

Enfance, Légion étrangère, guerre. Le père chimiste, féru d'histoire militaire ; la mère catholique, lettrée, grande lectrice de Goethe ; les chasses aux insectes avec son frère Friedrich Georg ; les internats ; la fugue à 18 ans dans la Légion étrangère et le rapatriement par le père ; la guerre de 1914 comme « libération », soif d'aventure et non engagement politique. Dans ses carnets de guerre, tenus au jour le jour, il fixe l'horreur d'un style descriptif, esthétisant, froid ; ce regard glacé est lu comme une distance nécessaire pour survivre. Les intervenants sont partagés : l'un y voit un déni et une légitimation de la guerre (« orgies », « volupté de tuer », champ lexical sexuel), d'autres soulignent que les carnets publiés montrent aussi un Jünger qui parle de « sale guerre », et un modernisme froid d'origine plutôt française (Flaubert). La Première Guerre est décrite comme la « catastrophe originelle » du siècle, et Jünger comme l'écrivain de la modernisation technique et de l'échec du libéralisme bourgeois. À Péronne, en 1979, interrogé sur le pire de la guerre, il répond : l'avoir perdue.

Weimar, antisémitisme, rapport au nazisme. Les années 1920 sont présentées comme celles d'un militant revanchard et nationaliste (« je hais la démocratie comme la peste », phrase supprimée plus tard), proche d'Hitler par la revanche mais s'en détachant vite, puis de Le Travailleur (1932). À la question « a-t-il ouvert la voie aux nazis ? », un intervenant répond : c'est l'époque qui l'a ouverte, et Jünger a su en capter l'esprit. Le film examine longuement l'article sur la « question juive » de 1930 : un intervenant le tient pour un antisémite, d'un antisémitisme différent de celui d'Hitler car il reconnaît aux juifs une légitimité d'exister à condition qu'ils vivent « comme juifs », tout en reprenant des stéréotypes classiques (« maîtres de la dissimulation »). Après 1933, il refuse de se rallier, subit une perquisition de la Gestapo et s'éloigne de Berlin ; Sur les falaises de marbre est lu comme une œuvre de résistance, mais un intervenant s'agace de héros qui croient résister « par la seule puissance de l'esprit ».

Paris, Seconde Guerre, après-guerre. À Paris (1941-44), Jünger fréquente Picasso, Braque, Léautaud et Jouhandeau, connaît le cercle de Stülpnagel, rédige La Paix sans participer au complot du 20 juillet, et apprend sur le front de l'Est l'exécution de juifs ; il décline d'assister à une liquidation. Un intervenant juge monstrueuse l'esthétique de son journal parisien (le « calice de fleurs survolé en vue d'une fécondation mortelle ») ; un autre y voit une maîtrise de soi. Son fils Ernst meurt en 1944 en Italie. Après 1945, il refuse le questionnaire de dénazification, est interdit de publication, s'installe à Wilflingen et reste réfractaire à la République fédérale. Le film conclut : on ne sait pas s'il faut séparer l'œuvre littéraire de ses écrits politiques de jeunesse ; la nouvelle droite y puise légitimement (« ce n'est pas une lecture abusive »), tandis que sa force durable serait le journal et le regard sur son époque.

Excerpts

“junger m'a ouvert des portes qui autrement ne seraient restés fermés si je ne l'avais pas rencontrée ma peinture ne serait pas du tout ce qu'elle est aujourd'hui”

“je dirais que c'est l'époque qui leur a ouvert la voie je me fais partie de ceux qui ont vraiment su capter l'esprit du temps”

“cette description et les nombreux autres que l'on trouve dans son journal parisien grand clac et dénuée de pitié et témoigne de son anti humanisme et de son inhumanité car on ne peut pas le dit autrement je trouve ça vraiment monstrueux”