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Core ideas
Un savoir au service du bonheur. Épicure fonde le Jardin à Athènes en 306 av. J.-C. et développe une physique et une ontologie complètes adossées à une épistémologie rigoureuse, mais pour lui le savoir n'est pas la valeur suprême (contre Platon ou Aristote) : il est le moyen de satisfaire notre désir fondamental, être heureux. Son point de départ est la souffrance humaine, que ne soulagent ni les biens matériels, ni les spéculations des philosophes, ni la religion (thème que Lucrèce développera dans De la nature des choses). L'œuvre est surtout connue par Diogène Laërce (trois lettres, quarante Maximes capitales, les Sentences vaticanes) et par les critiques de Cicéron.
Le tétrapharmaque. Les troubles de l'âme tiennent à quatre craintes, relatives aux dieux, à la mort, aux biens et aux maux. Le « quadruple remède » les résume : le dieu n'est pas à craindre, la mort ne donne pas de souci, le bien est facile à obtenir, le mal est facile à supporter. Il demande des exercices spirituels (se remémorer les raisons de chaque précepte) pour atteindre l'ataraxie, l'absence de trouble.
La canonique et la physique. Épicure se veut autodidacte, rejette la dialectique et propose une « canonique », règle de vérité : toutes les sensations sont vraies (l'erreur est dans le jugement, comme pour le bâton brisé dans l'eau), les prénotions (prolepseis) se forment par répétition des sensations, et le plaisir et la douleur sont le troisième critère (l'argument des berceaux). Il en infère un tout fait d'atomes et de vide, illimité, avec des mondes en nombre infini, tous finis dans leur durée ; l'âme elle-même est faite d'atomes très fins ; les dieux, parfaits, bienheureux et de forme humaine, ne s'occupent pas de nous. Conséquences : la foudre n'est pas la colère de Zeus ; la mort est la dissolution de l'agrégat et nous ne sommes plus là quand elle est là ; la vie est unique et doit être vécue sans délai.
Plaisir, limites et amitié. Le plaisir est le bien ; mais sa limite est la suppression de la douleur, et le pain et l'eau suffisent au sage, restreindre ses besoins assurant la continuité du plaisir. L'amitié est la plus importante des choses que la sagesse se procure (Maxime capitale 27) ; la philosophie se pratique à plusieurs, dans la retraite (« vivons caché »), et conduit l'homme mortel à une sorte de vie immortelle (fin de la Lettre à Ménécée).
Excerpts
“« le dieu n'est pas à craindre la mort ne donne pas de souci et tandis que le bien est facile à obtenir le mal est facile à supporter »”
“« nous sommes nés une fois mais deux fois ce n'est pas possible »”
“« pour vivre heureux vivons caché »”