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Core ideas
Querelles et pastiche religieux. Le recueil s'ouvre sur les lettres de 1895 de l'« Église métropolitaine d'art de Jésus conducteur » dont Satie est « parcier et maître de chapelle » : il écrit à Gautier-Villars (Willy) pour dénoncer son « inexcusable irrespect » envers Wagner et menace des foudres de l'Église, puis au nonce apostolique pour proposer, dans un jeu grotesque, la Sainte Inquisition contre les blasphémateurs, le renversement de la République et une cuisine d'herbes cuites. Ces textes mêlent l'emphase religieuse et la farce pour moquer la critique, l'autorité et les institutions.
Musique, politique et critique. Satie plaide pour la nouveauté (de Jaurès à Manet, Wagner, Picasso, tous attaqués) et se dit en faveur des jeunes musiciens « avancés » en musique comme en politique ; il observe malicieusement que Saint-Saëns ou Debussy, révolutionnaires en art, étaient conservateurs en société. Il refuse l'école (« le satisme ne saurait exister »), distingue les « pions » des « poètes » (Wagner, Debussy, Mozart léger) et se moque de l'orchestre impressionniste. L'Éloge des critiques est une parodie : le critique est « un grand magasin », sérieux comme un boudin noir, sans passions mauvaises, qui ne demande qu'à nous inculquer l'obéissance, tandis que les animaux n'ont pas de critique (« le loup ne critique pas le mouton, il le mange »). Il écrit aussi que « il n'y a pas de vérité en art ».
Chroniques de vie, de lecture, de café. D'autres pages évoquent la table (les déjeuners chez Debussy), les libraires (Adrienne Monnier, Sylvia Beach, Pierre Trémois), la lecture à haute voix, l'édition musicale gravée plus lourde que l'édition littéraire, Nicolas Flamel, les cafés et cabarets où l'on se cache (Chat noir, Auberge du Clou), les pédagogues et manuels, les Ballets russes à Monte-Carlo avec Cocteau, Poulenc et Auric, la Musique de relâche et sa citation de thèmes populaires, et la conférence « L'esprit musical » de 1924 : l'artiste a l'esprit propre à son art, le courage de la lutte et du renoncement, surtout pas de compromis.
Excerpts
“« il n'y a pas d'école Sati le satisme ne saurait exister on m'y trouverait hostile en art il ne faut pas d'esclavage »”
“« il n'y a pas de vérité en art soutenir le contraire n'est qu'un mensonge »”
“« le loup ne critique pas le mouton il le mange »”