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Darmon, Jean-Charles & Darras-Worms, Anne-Lise & Hoffmann, Philippe & Laugier, Sandra & Chase, Michael & Hadot, Pierre

Darmon, Jean-Charles: spécialiste de littérature et de philosophie de l'âge classique, modérateur de la table ronde

Darras-Worms, Anne-Lise: spécialiste de Plotin

Hoffmann, Philippe: helléniste, directeur d'études à l'École pratique des hautes études

Laugier, Sandra: philosophe, spécialiste de Wittgenstein et de la philosophie du langage ordinaire

Chase, Michael: chercheur au CNRS, traducteur de Pierre Hadot en anglais

Hadot, Pierre: philosophe, professeur honoraire au Collège de France

La table ronde clôt la journée. Une question vient d'un participant de la salle non nommé, et Pierre Hadot ne prend la parole que pour remercier à la fin. La transcription écrit « annelise Daras » pour la deuxième intervenante.

Journée d’études Pierre Hadot - Partie 6

Hopliteia · Nov 9, 2014 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Jean-Charles Darmon ouvre la table ronde en esquissant ce que l'œuvre de Pierre Hadot apporte aux études littéraires. Il se demande d'abord si écrire et lire un texte littéraire peuvent être des exercices de soi, et en quoi ces exercices diffèrent de ceux de la philosophie. Il évoque ensuite les moralistes, de Montaigne à Saint-Évremond, qui reprennent contre la philosophie scolaire la dimension vivante de l'exercice, en puisant chez Diogène Laërce la vie cachée sous le système, ou en faisant de la diversion épicurienne une éthique du divertissement. Il signale aussi Gassendi, qui reconstitue la vie et les mœurs d'Épicure pour comprendre sa doctrine. Enfin, il pose la question d'une littérature qui serait un exercice sans sagesse, voire un « harcèlement des sagesses », de Lucien à Montaigne et aux Fables de La Fontaine. Anne-Lise Darras-Worms rapproche deux textes de Hadot, la « Note sur l'esthétique » de son Plotin ou la simplicité du regard (1963) et Le Voile d'Isis (2004). Dans les deux, Hadot fait dialoguer les époques autour du regard et du dévoilement : une vision intérieure où le spectateur ne fait plus qu'un avec l'objet. Il relie ainsi l'art de la fin de l'Antiquité, Matisse et la « genèse du visible » de Merleau-Ponty à propos de Cézanne. Le Voile d'Isis, parti du frontispice de Humboldt dédié à Goethe et de l'aphorisme d'Héraclite « la nature aime à se cacher », oppose l'attitude prométhéenne, qui arrache ses secrets à la nature, à l'attitude orphique, contemplative, pour laquelle l'art fait comme la nature, de Plotin à Picasso et Klee.

Philippe Hoffmann témoigne du séminaire de Hadot sur la Vie de Plotin à l'ENS en 1973-1974 et de son cours sur Marc Aurèle à l'EPHE, véritable lecture commune comme exercice spirituel, où rigueur philologique et transformation intérieure ne s'opposaient pas. Il rappelle que, chez Hadot, le discours est toujours pris dans un mode de vie, et qu'il faut lire chaque texte selon son genre littéraire : dialogue, manuel, monographie, Éléments, commentaire. Hadot s'appuie pour cela sur les jeux de langage de Wittgenstein et sur la réconciliation de la rhétorique et de la philosophie à l'époque impériale. Hoffmann commente le passage d'Exercices spirituels et philosophie antique selon lequel le contenu des commentaires néoplatoniciens varie avec le niveau spirituel des élèves. Il décrit la journée de Proclus, entre prières au soleil, cours et écriture, la lecture néoplatonicienne fondée sur la « symphonie » des traditions et la « fécondité du contresens », et des modes non systématiques de la rationalité. Il conclut sur Simplicius, pour qui écrire un commentaire, et même transcrire ses prédécesseurs, est un exercice spirituel par écrit, voire une prière.

Sandra Laugier rappelle que Hadot fut, dès 1959, le premier à présenter Wittgenstein en France. Sa lecture, qu'Elizabeth Anscombe salua aussitôt, ne fut reconnue que quarante ans plus tard, avec Stanley Cavell et Cora Diamond. Hadot insistait sur la dimension éthique du Tractatus, sur l'ineffable et le non-sens (comprendre l'auteur plutôt que ses propositions), et sur la continuité entre le premier et le second Wittgenstein : une thérapeutique, puis un retour au langage ordinaire comme forme de vie, qui est déjà un exercice spirituel. Elle rapproche ces textes de l'article de Hadot sur Thoreau, « Il y a de nos jours des professeurs de philosophie, mais pas de philosophes », et de la lecture comme réappropriation de mots morts. Hadot s'en distingue, répond-elle à une question de la salle, par une dimension plus mystique d'émerveillement devant le monde. Michael Chase présente, à l'aide du Citation Index, la réception internationale de Hadot : 615 citations, dont moins d'un tiers renvoient aux traductions, dans des disciplines allant de la religion à la psychiatrie, au management ou à l'écologie. Il souligne l'intérêt récent des chercheurs en philosophie chinoise, autour d'un colloque à Harvard en 2003, pour la philosophie comme manière de vivre, et y voit une troisième voie entre philosophie analytique et continentale. Philippe Hoffmann ajoute que les concepts d'exercices spirituels sont employés dans un grand projet d'histoire des religions chinoises. Pierre Hadot clôt la journée en disant avoir beaucoup appris sur lui-même.

Excerpts

Philippe Hoffmann sur la lecture comme exercice spirituel :

“je puis porter témoignage que ce commentaire cette lecture collective des pensées de Marc Orel était un véritable exercice spirituel que nous pratiquions en commun sous la direction d'un maître ce qui correspond très exactement à ce que les professeurs Grecs de l'Antiquité tardive ont décrit ensuite sous le nom de de sunanagnosis”

Sandra Laugier sur la lecture de Wittgenstein par Pierre Hadot :

“il a d'emblé il avait la lecture qui s'est progressivement imposé dans les années 50 et 60 il y av une lecture extrêmement simpliste de wilggensteim comme critique de la métaphysique [...] et donc à partir des années 80 on va dire avec les interprétations d'abord de Stanley Cavel et ensuite de C Diamond on est progressivement arrivé à une vision de vgensstein beaucoup plus proche donc de celle de de celle que proposait déjà pierado”

Michael Chase sur la diversité de la réception :

“pour lui la philosophie n'est pas ou du moins ne devrait pas être le domaine réservé d'un groupe restreint de philosopes professionnel et universitaire elle appartient en propre à tous ceux qui souhaitent chercher la sageste et tenter de transformer leur perspective sur le monde”