MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Hopliteia/Doazan, Monsieur

Doazan, Monsieur

enseignant à l'université Paris X

Présentation de la philosophie platonicienne (2/2)

Hopliteia · Sep 29, 2015 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ dix-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance sur les noms propres)

Core ideas

Un projet politique. L'hypothèse directrice est que le projet de Platon est fondamentalement politique : les dialogues socratiques critiquent systématiquement l'opinion, la République détourne par la théorie pour construire une cité idéale dont le contexte historique interdit la réalisation. Cette cité est une épure : trois instances de l'âme (intelligence, courage, désir) et trois classes (dirigeants, gardiens, artisans-paysans). Les « trois vagues » en sont les innovations les plus inactuelles : l'égalité des hommes et des femmes (femmes magistrats, philosophes, gymnastique commune), la communauté des femmes et des enfants, sans propriété personnelle chez les gardiens, et le pouvoir aux philosophes, la plus difficile à admettre, Platon montrant lui-même le philosophe maladroit dans les affaires publiques.

Les degrés de réalité. Pour justifier le pouvoir des philosophes, il faut une théorie des degrés de la réalité (fin du livre VI) : le monde sensible, copie du monde intelligible, lui-même divisé entre les notions mathématiques (qui utilisent encore des images, les tracés sur le sable) et les Idées. À ces degrés correspondent imagination, croyance (pistis), pensée discursive et pensée intuitive (noèsis), déduction « anhypothétique ». Au-delà des Idées vient l'idée du Bien, principe d'existence et de connaissance, qui est au monde intelligible ce que le soleil est au monde sensible. La méthode (comparer les constitutions historiques) est écartée au profit d'un discours qui déduit : une invitation à « axiomatiser ». Le livre VIII déduit ainsi la dégradation des cités et des hommes : aristocratie, timocratie (Sparte), oligarchie ou ploutocratie, démocratie (« tyrannie douce », régime d'amateurs avec mépris de l'autorité), tyrannie, où l'on est victime de désirs insatiables. Même hiérarchie pour les techniques (mathématiques, utilisation, fabrication, imitation), d'où la condamnation des poètes et des peintres.

Après l'échec de Dion. Dans la seconde phase, Platon cherche des catégories intermédiaires (le non-être comme « l'autre » dans le Sophiste, la mesure dans le Politique et le Philèbe, la classification dichotomique) et abandonne la cité idéale pour une législation appliquée, les Lois, projet pour une colonie crétoise : constitution « de second ordre », gouvernement mixte entre aristocratie et démocratie, magistrats élus gardiens des lois, retour à des classes censitaires comme chez Solon, plus de philosophe-roi, mais nostalgie de la communauté totale. Le Timée reste le dernier acte de foi dans la théorie pure. En conclusion, la caverne s'applique à Platon : Socrate le libère de l'opinion, il monte vers l'Idée du Bien, puis redescend seul vers la caverne.

Excerpts

“« la démocratie est une sorte de tyrannie douce chacun fait ce qu'il veut mais il n'est pas dangereux c'est un amateur »”

“« l'idée du bien est au monde intelligible ce que le soleil est au monde sensible »”

“« Socrate a libéré Platon prisonnier de l'opinion »”