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Core ideas
Le livre IV des Mémorables montre comment Socrate rendait meilleurs ceux qui le fréquentaient. Xénophon ouvre sur l'utilité de son commerce, sérieux ou badin. Socrate aimait les âmes bien disposées à la vertu plutôt que les beaux corps, et il adaptait ses conseils au naturel de chacun. Aux esprits brillants qui méprisent l'étude, il rappelait que les chevaux et les chiens les plus fougueux deviennent les meilleurs s'ils sont dressés, et les pires s'ils ne le sont pas. Aux riches, il montrait que l'argent ne dispense pas de savoir distinguer l'utile du nuisible. Le long chapitre consacré au jeune Euthydème, collectionneur de livres de poètes et de sophistes qui se croit déjà savant, montre la méthode en action. Socrate le raille d'abord de loin, puis l'amène à classer sous deux colonnes les actes justes et injustes : mentir, tromper ou piller, injustes envers les amis, deviennent justes contre l'ennemi. Il le conduit ensuite au « Connais-toi toi-même » de Delphes et lui montre que santé, force, habileté ou richesse sont des biens équivoques, jusqu'à ce qu'Euthydème, découragé, avoue ne rien savoir. Loin de le rejeter, Socrate lui expose alors simplement ce qu'il faut savoir.
Les chapitres suivants exposent les vertus enseignées. Sur la piété, Socrate énumère les bienfaits par lesquels les dieux pourvoient aux hommes : la lumière et la nuit, les astres qui marquent le temps, l'eau, le feu, l'air, la course réglée du soleil, les animaux, les sens, la raison, la parole et la divination. Il ajoute que le dieu qui ordonne l'univers reste invisible, comme l'âme, et qu'on le reconnaît à ses œuvres. Sur la justice, Xénophon rappelle la conduite de Socrate : président de l'assemblée, il résiste au peuple, refuse d'obéir aux ordres illégaux des Trente et ne supplie pas ses juges. Dans un dialogue avec Hippias, qui lui reproche de toujours réfuter sans dire son avis, il répond qu'il montre la justice par ses actes, puis soutient que le légal et le juste sont une même chose. L'obéissance aux lois fait la force et la concorde des cités. Il existe aussi des lois non écrites, comme le respect des dieux et des parents, l'interdit de l'inceste ou la reconnaissance, dont la transgression porte en elle-même son châtiment et qui viennent donc des dieux.
La tempérance est présentée comme la condition de la liberté : l'intempérant est esclave du pire des maîtres et ne peut même pas jouir vraiment des plaisirs, que seule la privation rend vifs. Elle ouvre à la dialectique, qui consiste à discuter en commun et à distinguer les choses par genres. Socrate définit ainsi l'homme pieux, celui qui connaît le culte légitime, l'homme juste, celui qui connaît les lois, la sagesse, qui est science, le bien et le beau, qui sont l'utile, et le courage, qui est le savoir de bien se conduire dans le danger. Il distingue aussi royauté, tyrannie, aristocratie, ploutocratie et démocratie, et ramène toujours la discussion aux principes admis de tous. Pratique, il ne recommande la géométrie, l'astronomie et le calcul que dans la mesure de leur utilité, juge vaines les spéculations sur les astres, comme celles d'Anaxagore, conseille à chacun d'étudier son propre régime et réserve à la divination ce qui dépasse l'homme. Le livre se clôt sur sa mort. Son démon l'a détourné de préparer une défense, car mourir en pleine possession de son esprit valait mieux que la décrépitude, et toute sa vie juste était sa meilleure apologie. Xénophon conclut sur le portrait d'un homme pieux, juste, tempérant et prudent, « le meilleur et le plus heureux des hommes ».
Excerpts
Xénophon sur la manière dont Socrate traitait les naturels doués :
“Il leur montrait que les chevaux les plus généreux, pleins de feu, de vivacité, deviennent les plus utiles et les meilleurs si on les dompte dès leur jeunesse. Mais que si on néglige de les dompter, ils demeurent rétifs et sans prix.”
Socrate à Euthydème sur la connaissance de soi :
“Car ceux qui se connaissent savent ce qui leur est utile. Ils distinguent ce qu'ils peuvent faire de ce qu'ils ne peuvent pas. Or en faisant ce dont ils sont capables, ils se procurent le nécessaire et vivent heureux. En s'abstenant de ce qui est au-dessus de leurs forces, ils ne commettent point de faute et évitent le mauvais succès.”
Socrate à Hermogène sur son apologie :
“Socrate lui dit qu'en vivant toujours l'œil sur ce qui est juste et sur ce qui est injuste, en pratiquant la justice et en évitant l'iniquité, il croyait s'être préparé la plus belle apologie.”