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Casanova-Robin, Hélène

professeure de littérature latine à Paris-Sorbonne, spécialiste d'Ovide, directrice de Ovide, figures de l'hybride, Honoré Champion, et engagée dans une retraduction des Métamorphoses

Les Métamorphoses d’Ovide (3/4) : Les passions des dieux

Hopliteia · Jul 18, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Des dieux « dingues » et un monde en mouvement. Casanova-Robin présente les Métamorphoses (environ cent trente récits, dont beaucoup devenus proverbiaux : Narcisse, Pygmalion) comme un texte « fascinant » au sens antique, où la parole du poète a un pouvoir presque magique, que le poème délègue à des figures comme Circé ou Orphée. Les dieux y sont passionnels (jalousie, colère, vengeance), loin du dieu bienveillant du monothéisme ; leurs passions mettent en branle le monde et font des hommes leurs jouets, ce que Casanova-Robin rapproche d'Empédocle (amour et haine à l'origine de l'union des éléments). Le poème dit l'éphémère, la circularité du temps, la transformation permanente, ce qui s'oppose à l'idéologie augustéenne d'une Rome éternelle et stable ; la métamorphose conserve l'instant dans une forme (souvent végétale) qui est un lieu de mémoire.

Actéon, Circé, Phaéthon. Actéon (livre III) est puni pour avoir vu Diane au bain : Ovide insiste sur son innocence (le destin le conduit au bassin, et le texte laisse même incertain qu'il ait vu le corps nu, la déesse étant entourée de nymphes), ce qui le distingue des traditions antérieures ; transformé en cerf, il perd la parole et l'identité extérieure, déchiqueté par ses propres chiens, et Ovide s'identifie à lui dans les Tristes depuis son exil. Circé, fille du Soleil, jalouse de Scylla aimée de Glaucus, empoisonne la source et la métamorphose en monstre aboyant : figure d'un ordre primitif, titanesque, désordonné, magicienne dont le carmen désigne à la fois l'incantation et la poésie. Phaéthon, qui conduit le char du Soleil, illustre le thème de la démesure : Apollon est le dieu régulateur de l'idéologie augustéenne, mais « la vertu suprême c'est celle de la modération », que le texte transgresse avec plaisir ; Casanova-Robin suppose qu'Ovide, aristocrate en opposition à un pouvoir devenu tyrannique, montre que la violence est en l'homme sous tout régime.

Vénus et Adonis, cosmogonies. Les passions ne sont pas toutes négatives : Vénus, blessée par la flèche de son fils Cupidon, aime Adonis (fils de Myrrha), s'aliène jusqu'à prendre l'habit de Diane pour chasser avec lui et le regrette quand un sanglier le tue ; elle fait naître de son sang une fleur éphémère, objet de mémoire, avec un rituel que l'on retrouvera pour Énée. Les récits de la création du monde (livre I) ne donnent aucune thèse cohérente (démiurge, terre jeune portant des germes du ciel) : Ovide, en poète savant à la manière de Lucrèce, présente plusieurs hypothèses sans choisir.

Excerpts

“« ils sont mus par les mêmes passions »”

“« ovide insiste bien sur cette innocence »”

“« la vertu suprême c'est celle de la modération »”