Barrau, Aurélien
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ cinquante-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec quelques déformations de noms, par exemple « Barot », « Goodman » orthographié correctement)
Core ideas
Le multivers comme conséquence, non comme hypothèse. Barrau explique que le « multivers » n'est pas une fabulation mais une conséquence de certaines théories physiques (inflation, mécanique quantique, relativité générale), conçues pour d'autres raisons : si ces théories sont confirmées, il serait « obscurantiste » d'en nier la conséquence. Il rappelle que l'univers est défini en physique comme ce qui a pu interagir avec nous, d'où un multivers par nature invisible, mais dont les prédictions sont testables de façon probabiliste, comme la détection du boson de Higgs à « cinq sigma ». Il critique l'épistémologie de Popper telle que les physiciens la comprennent (simple, caricaturale), évoque Kuhn, Feyerabend, Latour, Bachelard, et prend pour exemple le réglage fin des lois pour la vie : coup de chance, dessein intelligent ou grand nombre d'univers.
Lois contingentes, mondes et philosophie. Il soutient que les lois physiques ont probablement une histoire (brisure spontanée de symétrie, Higgs), de sorte que « la contingence vient infecter la nécessité en son cœur même », ce qui constitue une « nouvelle blessure narcissique » après Copernic, Darwin et Freud. À partir de la Bibliothèque de Babel de Borges, du texte de Leibniz sur les mondes possibles (qui n'est pas actuel et suppose un ordre divin), de Nelson Goodman (Manières de faire des mondes, pour qui la physique est une manière parmi d'autres de faire un monde), de David Lewis (De la pluralité des mondes) et de Derrida, il distingue imaginer et penser le multivers, et maintient que science et philosophie sont « autonomes » : il ne faut pas faire de la philosophie par nécessité, mais par choix quasi esthétique.
Science, science-fiction et vérité. À la question de la frontière entre science et science-fiction (trous de ver, Interstellar), Barrau répond que les multivers sérieux ne sont pas les solutions exotiques de la relativité mais ceux liés à des théories bien établies, que la physique redéfinit ses propres frontières (comme l'art avec Malevitch ou Berg), et qu'il vaut mieux tenter l'aventure que l'interdire a priori. Il adopte la formule de Goodman : la question est moins de savoir si c'est vrai que « si ça fait sens », car dans beaucoup de mondes la vérité n'est pas un critère pertinent.
Excerpts
“« le multivers est une conséquence c'est cela le point important »”
“« la contingence vient infecter la nécessité en son cœur même »”
“« la question est moins de savoir si c'est vrai que de savoir si ça fait sens »”