Lefèvre, David
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance sur les termes techniques)
Core ideas
Une science sans nom ni genre. Dans Γ 1, Aristote pose une science de l'être en tant qu'être, qui n'existe pas à son époque : le mot « métaphysique » n'apparaît pas chez lui (il vient de Nicolas de Damas ou d'un commentateur du Ier siècle, comme titre : ce qui vient « après » la physique, chronologiquement et logiquement). Elle ne découpe pas une partie de l'être comme les mathématiques ou la physique, et pourtant elle est une science, qui cherche les principes et les causes premières ; l'être se dit de plusieurs façons mais par rapport à un terme premier, la substance (comme le « sain » se rapporte à la santé). Lefèvre insiste : la plus grande partie de la Métaphysique porte sur les substances sensibles, nous-mêmes, les vivants, et non sur des réalités suprasensibles.
Aristote contre la dialectique platonicienne. Chez Platon, la dialectique est la science du philosophe (extrait du Banquet) ; chez Aristote, « la dialectique est un jeu » (un répondant, un questionneur, des opinions admises), très formateur mais distinct de la philosophie. La métaphysique n'est pas une dialectique, même si elle l'emploie parfois : elle procède aussi par une sorte d'induction (examen des prédécesseurs, les présocratiques). Le débat Jaeger-Aubenque oppose une orientation platonisante, théologique, et une orientation ontologique : chez Aubenque, une unité « recherchée » entre les deux. Pour Aristote, la théologie (livre E) est une science théorétique comme les autres, non fondée sur la foi.
La substance, la forme, l'acte. La science de l'être en tant qu'être porte sur la substance de la substance, la forme, c'est-à-dire l'âme immanente au corps : Aristote reste platonicien, mais rend les idées immanentes. Au livre Λ, pour rendre compte du mouvement éternel du monde, il faut un premier moteur immatériel, immobile, pur acte (energeia) : si le principe était une puissance, il pourrait ne pas s'actualiser ; « le dieu n'est pas une puissance, le dieu est un acte ». Il meut comme l'objet d'un désir (le modèle d'Éros), le monde étant tendu vers lui, sans que lui-même agisse. Lefèvre note le lien avec le Banquet et le Lysis.
Excerpts
“« la science de l'être en tant qu'être porte sur la substance de la substance »”
“« chez Aristote au sens propre du terme la dialectique est un jeu »”
“« le dieu n'est pas une puissance le dieu est un acte »”