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Carnevali, Barbara

chargée de recherche en philosophie à l'université de Pise, auteure d'un livre sur Rousseau, Romantisme et reconnaissance

Journée d’études Pierre Hadot - Partie 3

Hopliteia · Nov 9, 2014 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur « Hadot » et « Rousseau », et quelques passages brouillés)

Core ideas

Antiquité et modernité chez Hadot. Carnevali veut appliquer les catégories de Hadot à la philosophie moderne. Hadot date la rupture de la scolastique médiévale, qui a donné à la religion chrétienne le rôle de seul mode de vie légitime et à la philosophie celui d'une théorie abstraite, partage conservé à l'âge moderne. Mais la tradition antique a survécu sous une forme minoritaire chez des penseurs « antiacadémiques » (Montaigne, Kierkegaard, Nietzsche, Wittgenstein, plus Rousseau, Sartre, Foucault). Elle choisit Rousseau, et d'abord Montaigne, pour mesurer la rupture que représente l'individualité : le genre antique de l'hypomnemata (le sage qui se transcende dans l'universel) s'oppose à l'autobiographie moderne, où le moi contingent s'affirme.

Montaigne. Hadot voit dans les Essais l'œuvre moderne la plus proche de sa conception de la philosophie antique : un portrait de Socrate aimant la condition humaine, une méditation répétée des dogmes stoïciens, épicuriens et sceptiques, et l'essai « philosopher c'est apprendre à mourir ». Mais surgit chez Montaigne, au beau milieu de la méditation morale, la voix d'un moi qui se raconte (il est né « entre onze heures et midi, le dernier jour de février 1533 »), justifiée par un souci de vérité et contre les conventions rhétoriques (l'autocélébration est amour-propre, rejetée par la tradition antique et chrétienne, par Scaliger comme par Pascal). Pour Hadot, le discours à la première personne antique n'est qu'un outil vers l'universalisation ; Montaigne légitime au contraire la composante particulière du moi.

Rousseau, le sage atopique. Rousseau s'identifie aux modèles antiques (Socrate, Fabricius) et se pose en philosophe qui fait ce qu'il dit : la « réforme » qui suit le Discours sur les sciences et les arts (renoncer à la parure, copier de la musique, vivre à l'Ermitage, caftan arménien) est, selon Carnevali, « une parfaite conversion selon la définition de Hadot, recommencement absolu par un retour à l'originel », et la Profession de foi du vicaire savoyard a des échos stoïciens (« reste à la place que la nature t'assigne »). Les Confessions complètent les textes théoriques (une « autodoxographie », un Diogène Laërce à la première personne) ; les attaques de Voltaire sur ses enfants abandonnés prennent à la lettre sa posture exemplaire. Mais l'amour-propre fait irruption : l'épisode du Devin du village à la cour de Louis XV, avec barbe, perruque mal peignée et refus de la pension, est une extravagance qui évoque Diogène plus que Socrate, une atopia poussée jusqu'au dandysme, d'où une conception nouvelle de l'authenticité fondée sur un autre rapport entre individualité et universalité. Dans la discussion : le scepticisme de Montaigne comme exercice spirituel de décentrement (l'Apologie de Raymond Sebond) ; la postface de Hadot à son Plotin, qui reconnaît une sympathie fondée en partie sur un malentendu (détachement radical du monde) ; la référence cartésienne chez Rousseau.

Excerpts

“« la réforme de Rousseau est en somme une parfaite conversion selon la définition de pierado recommencement absolu par un retour à l'originel et à l'originaire »”

“« pour la philosophie antique les discours à la première personne est seulement un outile les vecteur d'un processus d'universalisation »”

“« de bizarres d'exhibitionnistes dans la manière dont Rousseau assume son rôle de Sage »”