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Bondu, Baptiste

enseignant en philosophie ancienne à Paris Nanterre ; nom reconstitué à partir de sous-titres approximatifs

Socrate et la philosophie comme manière de vivre alternative le Gorgias de Platon (4/12)

Hopliteia · Oct 8, 2015 · partial coverage

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Coverage note: full (environ onze minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance sur les termes grecs)

Core ideas

Socrate et l'articulation discours-vie. Après avoir rappelé que Pierre Hadot et Michel Foucault convergent sur Socrate (pour Hadot, la philosophie naît comme discours lié à un mode de vie ; pour Foucault, la vie est l'objet de la parrêsia, et Socrate n'accepte un discours que quand il s'accorde avec la manière de vivre), l'enseignant se demande comment le Gorgias de Platon propose la vie philosophique comme alternative parmi d'autres vies possibles, au point de se demander s'il ne faut pas changer de mode de vie. Le dialogue part de la rhétorique (Socrate face à Gorgias) puis glisse vers la justice : les deux thèmes sont liés, car la question de la place d'un discours rhétorique dans la vie d'un citoyen est celle de la morale et de la politique. À la fin, Socrate invoque le mythe du jugement des âmes pour recommander la vie de justice, qui dépend d'un certain discours.

Deux discours, deux vies. Les mots logos (discours) et aretê (excellence, vie réussie) sont ambigus. Le logos peut être un simple usage de la parole sans souci de vérité ou de cohérence, ou au contraire un raisonnement qui vise le vrai ; l'excellence de la vie peut se mesurer à la réussite sociale (gloire, richesse) ou à l'accomplissement de son humanité. La première voie, celle de l'homme ordinaire, de la rhétorique et des sophistes, associe un discours sans souci de vérité à la réussite sociale ; la seconde, la philosophie, associe un discours rationnel visant le vrai à une vie morale.

Les deux paradoxes socratiques. Pour Socrate, comme pour Gorgias, Polos et Calliclès, la fin de la vie est le bonheur (éthique « eudémoniste » des Anciens, et non « déontologique » des modernes) ; Socrate soutient que « ce qui est bon pour nous » est le bien moral, la justice, ce qui paraît contraire à l'expérience (le tyran heureux). Le premier paradoxe est que la justice rend heureux ; le second que « personne ne veut commettre d'injustice » : on n'est injuste que contre son gré, donc malheureux, car le bonheur est d'obtenir ce que l'on veut vraiment. Il distingue ce qui nous semble bon de ce que nous voulons réellement, par analogie avec un traitement médical désagréable voulu pour la santé, et l'injustice est une « maladie de l'âme ». L'enseignant note toutefois que ces conclusions sont peut-être plus celles de Platon que de Socrate, et que d'autres héritiers (Aristippe, les Cyrénaïques) défendaient le plaisir : la question reste ouverte.

Excerpts

“« personne ne veut commettre d'injustice »”

“« le bonheur peut au contraire précisément être défini comme le fait d'obtenir ce que l'on veut »”

“« l'injustice est une maladie une forme de maladie de l'âme »”