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Vial, Hélène

maître de conférences de langue et littérature latines à l'université Clermont Auvergne, auteure de La métamorphose dans les Métamorphoses d'Ovide. Une étude sur l'art de la variation, Les Belles Lettres

Les Métamorphoses d’Ovide (4/4) : Une aventure du corps

Hopliteia · Jul 18, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Des corps et des âmes. Vial reprend l'ouverture du poème (« mon esprit me pousse à dire les formes changées en corps nouveaux ») et insiste sur le mot corpora : le poème raconte plus de deux cents fois le fantasme de la transformation d'un corps en un autre, surtout de corps humains en animaux, plantes, pierres, astres. Le thème n'est pas seulement l'amour, la philosophie ou la poésie : chez Ovide, le destin des corps est inséparable du destin des âmes. Parfois l'âme reste identique dans un corps méconnaissable (Actéon, Callisto : écartèlement presque insoutenable), parfois la métamorphose matérialise ce que l'âme était déjà (le loup Lycaon, Narcisse devenu fleur), c'est-à-dire un « devenir soi-même ». Le monde des Métamorphoses repose sur une circulation permanente de la substance mythique, des « frontières indistinctes » (Calvino), et sur une seule loi, celle de la transformation, que l'élément liquide incarne particulièrement.

Myrrha, Narcisse, Tirésias. Myrrha, saisie d'un amour monstrueux pour son père, demande aux dieux de la chasser des deux royaumes, celui des vivants et celui des morts : la métamorphose est la troisième voie, le franchissement d'un seuil qui n'est ni la vie ni la mort ; l'arbre pleure et accouche d'Adonis. Narcisse, dont le monologue culmine au vers 463 (iste ego sum, « celui-là, c'est moi »), n'a aucune jouissance narcissique : il comprend que sa passion porte sur lui-même, donc sans l'altérité nécessaire à l'amour, comme Myrrha amoureuse de son père ou Byblis de son frère. Le récit n'est pas une tragédie (celle de Racine reprend les mêmes situations sans dieux qui transforment) mais une épopée, qui ne s'arrête jamais. Tirésias, devin et poète (vates désigne les deux), est le cas du changement de sexe, réversible, qui lie vision et savoir : Junon l'aveugle « sans rapport avec la cause », Jupiter lui donne la prescience, et Ovide lui-même s'inscrit, dans l'exil, parmi ceux qui ont vu ce qu'il ne fallait pas voir.

Voix déléguée, bacchantes et dauphins. Le texte multiplie les narrateurs en poupées russes, avec Orphée comme alter ego du poète au livre X. L'épisode des pirates tyrrhéniens transformés en dauphins par Bacchus, raconté au roi Penthée au livre III, est pour Vial l'un des plus éblouissants poétiquement : une métamorphose collective décrite par fragments de corps et de lumière, comme dans une vision stroboscopique, dont le rythme épouse les sauts des dauphins. Le poème évoque le plaisir et la violence des corps transformés, et les relectures modernes (Ted Hughes, Tales from Ovid, 1997) y voient une histoire des passions humaines paroxystiques.

Excerpts

“« le destin des corps est absolument inséparable du destin des âmes »”

“« l'invention par la poésie d'une troisième voie qui n'est ni la vie ni la mort »”

“« l'unique loi du monde et celle de la transformation »”