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Core ideas
Le scepticisme comme position paradoxale. L'enseignant note que le scepticisme est « l'envers de toutes les autres positions philosophiques » : il décrit ceux qui ne font pas de choix, et peut sembler une contradiction dans les termes, une philosophie sans position. Il s'agit de savoir si c'est une philosophie et non une négation de la philosophie, et si c'est un moyen de mieux vivre et non un obstacle. Il s'appuie sur Pierre Hadot, pour qui Pyrrhon (IVe siècle av. J.-C., qui n'écrit rien, comme Socrate et les cyniques) incarne une philosophie vécue sans discours, tandis que Sextus Empiricus (IIe siècle apr. J.-C.) pousse la distinction entre philosophie et discours à son extrême : un discours philosophique qui s'autodétruit pour laisser place à la vie de tous les jours. Foucault, dans ses notes sur Le Courage de la vérité, voit dans le scepticisme un style plutôt qu'une doctrine, symétrique du cynisme (examen théorique d'un côté, attitude pratique de l'autre).
Pyrrhonisme et académisme. Il distingue deux scepticismes : le schéma de Sextus (constat d'un conflit des apparences, trouble, recherche du vrai, ataraxie) place la philosophie dans une perspective éthique, celle de la tranquillité, de sorte que le scepticisme ne relègue pas la pratique. Les académiciens (Arcésilas, Carnéade) remplacent la recherche d'un critère de vérité par un examen de ce qui est « raisonnable » ou « convaincant », et apprennent l'impuissance et les limites ; les pyrrhoniens objectent que la quête d'approximation du vrai est aussi vaine que la quête du vrai (on ignore si l'on s'en approche) et qu'elle reste dépendante de la conception traditionnelle de la philosophie. Le pyrrhonisme suspend le jugement (épochè) et reste aux apparences (la manière dont les choses apparaissent selon les affects, les facultés, la société et ce qu'on a appris : la « vie ordinaire »), d'où la quiétude, « comme l'ombre suit le corps », ou comme le peintre Apelle qui obtient l'effet décisif en jetant son pinceau de rage.
Objections. Tout en présentant le scepticisme comme une vie possible et même heureuse, il rappelle trois objections : toute perception ou action suppose-t-elle une attribution de vérité, même provisoire ? Une vie sans recherche de vérité n'est-elle pas celle de l'animal ou de la plante ? Et la dissolution des désirs conduit-elle à une vie digne d'être vécue, alors que les épicuriens et stoïciens placent l'accomplissement dans la satisfaction de certains désirs ou la vertu ? La question reste ouverte : « vaut-elle la peine d'être vécue ? ».
Excerpts
“« le scepticisme est donc l'envers de toutes les autres positions philosophiques »”
“« comme l'ombre suit le corps »”
“« le scepticisme académique apparaît comme forme d'apprentissage de l'impuissance et des limites »”