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Roustang, François

psychanalyste devenu praticien de l'hypnose, auteur de Le secret de Socrate pour changer la vie, Odile Jacob, 2009

Socrate, chaman ou philosophe

Hopliteia · Apr 14, 2015 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et quelques passages brouillés)

Core ideas

Socrate thérapeute, non rationaliste. Lenoir rappelle la formule d'Henri Joly : Socrate fut « le dernier des chamans et le premier philosophe ». Roustang y voit des indices (le Charmide : Socrate initié par un Thrace aux charmes pour guérir les maux de tête, mais utilisant la parole plutôt que les drogues) et situe l'originalité de Socrate dans la confusion qu'il produit chez ses interlocuteurs jusqu'à l'aporie (Euthydème), comme Milton Erickson met les patients en état de confusion : le premier obstacle à la guérison est la pensée qui veut tout ordonner. Il s'oppose à la psychanalyse (« Wo Es war, soll Ich werden »), pour laquelle comprendre le symptôme guérit : la guérison suppose au contraire de perdre le contrôle, de devenir indistinct d'un ensemble de circonstances. « Socrates n'a pas voulu vaincre l'ignorance il a voulu produire l'ignorance », c'est-à-dire un non-savoir qui n'est pas une négligence mais l'aboutissement d'une recherche.

Socrate contre Platon. S'appuyant sur Vlastos et Rossetti, Roustang n'utilise que les premiers dialogues de Platon (Apologie, Criton, Charmide, le livre I de la République, le discours d'Alcibiade), où l'on ne trouve ni théorie des Idées ni dualisme de l'âme et du corps, et où l'immortalité est évoquée de façon problématique ; le Banquet tardif, le Phédon ou le Ménon (la réminiscence, l'esclave à qui Socrate dessine la figure) sont platoniciens. Socrate n'est pas un saint ni un sage : méprisant, il pousse les gens à bout puis les laisse tomber, il raisonne parfois de façon frauduleuse (Rossetti), son but n'est pas de raisonner mais de piéger l'autre ; il est comparé à un danseur ou à un homme ordinaire qui a pris au sérieux « la sagesse humaine ». Son daimôn est toujours négatif, il lui dit seulement de ne pas faire quelque chose (ne pas s'évader de prison) et le ramène sur son chemin, sa transe de Potidée (debout immobile toute la nuit) est un signe d'authenticité.

Hypnose, transe, dépossession. Pour Roustang, l'hypnose n'est pas un « état modifié de conscience » (notion qui laisse l'homme défini par la conscience, de Descartes à Locke) mais une modification du rapport au monde : le symptôme est une isolation dans une totalité, l'état hypnotique y remet en contact avec les paramètres de l'existence. Il lit l'éloge d'Alcibiade (la parole de Socrate crée « trouble et possession ») comme une dépossession : « cette possession c'est d'abord une dépossession » ; Lenoir ajoute que la présence de Socrate est initiatique, et Roustang récuse l'interprétation érotique du texte. Le texte de Grimaldi (le sorcier : même efficacité du langage, incantation, récit qui rend sens à une souffrance) lui paraît trop logique et rationaliste, mais confirme que Socrate est aujourd'hui relu hors de la tradition rationaliste ou chrétienne.

Excerpts

“« socrates n'a pas voulu vaincre l'ignorance il a voulu produire l'ignorance »”

“« le dimon est un dimon qui est toujours négatif »”

“« cette possession c'est d'abord une dépossession »”