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Comte-Sponville, André

philosophe, auteur du Dictionnaire philosophique, PUF, réédité en 2013

La philosophie comme art de vivre avec André Comte-Sponville

Hopliteia · Jul 26, 2016 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec quelques déformations de noms)

Core ideas

Penser sa vie, vivre sa pensée : la sagesse comme but, la philosophie comme chemin. Comte-Sponville définit philosopher comme « penser sa vie et vivre sa pensée », avec un écart irréductible entre les deux : la sagesse est un idéal que l'on n'atteint jamais tout à fait, la philosophie le chemin qui permet de s'en approcher, et le contraire de la sagesse est la sottise. Il la décrit comme le bonheur dans la lucidité (formule qu'il rattache à Augustin et à Spinoza), tandis que la norme de la philosophie reste la vérité : si l'on doit choisir entre une vérité désagréable et un bonheur illusoire, le philosophe choisit la vérité. La vérité est pour lui l'adéquation à ce qui est (il cite Tarski) ; on ne la connaît jamais « toute ni absolument », ce qui laisse au scepticisme sa place sans autoriser à dire que tout est douteux.

Spinoza : déterminisme sans nihilisme, désir et valeurs. À la question d'un animateur (si tout est déterminé, le violeur est-il responsable, et tout se vaut-il ?), il répond que Spinoza applique sans exception le principe de causalité mais qu'on ne passe pas du déterminisme au nihilisme : deux ordinateurs entièrement déterminés ne se valent pas, pas plus que l'abbé Pierre et Hitler. Il distingue le libre arbitre (pouvoir indéterminé de se déterminer, qui n'existerait pas) de la volonté (pouvoir déterminé de se transformer) et de la raison, par laquelle on se libère de son histoire ; Spinoza ne croit pas au libre arbitre mais à la libération. Il soutient que, pour Spinoza, le désir et non la raison est l'essence de l'homme, et que les valeurs sont relatives au désir (« ce n'est pas parce qu'une chose est bonne que nous la désirons, c'est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne ») ; la raison n'est qu'un instrument.

Le philosophe n'est ni conseiller ni gourou ; vers Montaigne et la mort. Contrastant son Dictionnaire philosophique (à la première personne, comme celui de Voltaire) avec un dictionnaire de philosophie impersonnel, il refuse d'être le « philosophe de service » : lire un philosophe n'a de sens que pour philosopher soi-même, et il commente avec la scène de Molière (Sganarelle et le philosophe sceptique) le malentendu entre ce que l'on attend de lui et ce qu'il peut donner. Il concède que la philosophie « échoue » à faire vivre bien (il aime les philosophes qui n'y croient pas tout à fait, Pascal et Montaigne), mais note que la diversité des philosophies est justement une raison de philosopher soi-même. Il se dit de la tradition française (Montaigne, Descartes, Pascal), qui parle à la première personne, plus montaignien que spinoziste, et, sur la mort, passé de l'impasse épicurienne et spinoziste à une reconnaissance du tragique et de la finitude : il cite Montaigne (« que la mort me trouve plantant mes choux ») et conclut que la vie est d'autant plus précieuse qu'elle a une fin.

Excerpts

“« la sagesse c'est le maximum de bonheur dans le maximum de lucidité »”

“« un philosophe ça n'est pas la femme de ménage de l'esprit »”

“« que la mort me trouve plantant mes choux mais nonchalent d'elle »”