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Macé, Arnaud

professeur d'histoire de la philosophie à l'université de Franche-Comté, codirecteur avec Luc Brisson de Lire les présocratiques, PUF

La pensée avant Socrate (2/4) : Anaxagore

Hopliteia · Feb 10, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms grecs et « Anaxagore »)

Core ideas

Une cosmogonie à Athènes. Anaxagore apporte à Athènes, vers le milieu du Vᵉ siècle av. J.-C., la « révolution philosophique » venue des cités grecques d'Asie : une cosmogonie qui explique l'ordre à partir de sa genèse, dans un monde infini, en relevant le défi de Parménide (rien ne naît du non-être). Au début, « toutes choses étaient ensemble, infinies en quantité et en petitesse » : un mélange où tout est dans tout et « il y a autant de choses petites, autant de choses grandes, en n'importe quel point de l'univers ». Les grands équilibres sont préservés (rien ne se crée ni ne se perd, comme chez Lavoisier, avec qui Macé fait une comparaison prudente) ; l'infini n'est pas ce qu'on compte, mais la « distribution » de parts égales de chaque propriété à chaque chose (le fragment 6 : les parts du grand et du petit sont égales en quantité), comme un partage de butin homérique.

Le nous. Le nous (intelligence) est infini, sans mélange, « à part soi » ; il initie une rotation en un point du mélange, qui polarise les propriétés (lourd, humide, sombre vers le centre ; léger, chaud, lumineux vers la périphérie) et forme les astres et la terre. Macé le comprend moins comme raison que comme faculté de perception : « c'est plus une faculté de perception que de raisonnement », celle du chef homérique qui voit tout son champ de bataille (Ménélas cherchant Ajax), et apokrinesthai signifie « sortir du rang ». Le nous est immanent au mélange et ne choisit pas : il actualise tous les possibles (contrairement au dieu de Leibniz qui choisit le meilleur). Le fragment 4 évoque un autre monde, avec des hommes, un soleil et une lune comme chez nous, réel et non seulement possible (peut-être dans l'infiniment petit).

Socrate, Aristote et leurs héritiers. Dans le Phédon, Socrate, déçu par la lecture d'Anaxagore, lui reproche de ne pas expliquer par le meilleur mais par les os et les muscles ; Macé répond que Socrate projette sur le nous une intelligence planificatrice (comme celle du menuisier ou du médecin du Gorgias) qui n'est pas la sienne. Aristote critique l'infini des éléments, l'idée de mélange (la nutrition : de la chair dans le pain ?) et défend un cosmos clos, qui devint dominant, alors que les présocratiques pensaient l'infini actuel. La théorie d'Anaxagore contient pourtant une forme de nominalisme (les ressemblances de prédominance, non d'identité absolue). Platon (« Platon est aussi un grand penseur de la nature », l'âme du monde du livre X des Lois) et Aristote (acte pur et révolutions cosmiques) sont, pour Macé, héritiers du programme anaxagoréen d'une intelligence immanente.

Excerpts

“« il ya autant de choses petit il ya autant de choses grandes en n'importe quel point de l'univers »”

“« donc c'est plus une faculté de perception que de raisonnement »”

“« on oublie souvent que platon est aussi un grand penseur de la nature »”