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Lecture intégrale du traité de Sénèque adressé à Paulinus, dans une ancienne traduction française, par un lecteur non nommé.

SÉNÈQUE - De la brièveté de la vie (livre audio)

Hopliteia · Aug 5, 2014 · partial coverage

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Coverage note: l'essentiel - texte connu, lu en entier; la transcription automatique a été lue par sondages.

Core ideas

Sénèque répond à Paulinus que la plupart des hommes, de la foule jusqu'à Hippocrate (« la vie est courte, l'art est long ») ou Aristote, se plaignent à tort de la brièveté de la vie. Nous n'avons pas trop peu de temps, nous en perdons beaucoup. La vie suffirait aux plus grandes entreprises si elle était bien employée, mais elle se dissipe dans le luxe, l'avarice, l'ambition, la négligence ou les passions. Chacun ménage son argent mais prodigue son temps, le seul bien dont il soit permis d'être avare, comme s'il ne coûtait rien. Pourtant, menacé de mort, chacun est prêt à tout donner pour vivre. Sénèque reprend un poète : nous ne vivons que la moindre partie de notre vie, le reste n'est que du temps. Il fait le portrait des « occupés » : les marchands que l'espoir du gain pousse sur toutes les mers, les ambitieux, ceux qui se consument au service d'ingrats, les clients qui assiègent les antichambres et ceux qui, sans but, changent sans cesse de projets. Tous remettent à plus tard le moment de vivre, jusqu'à ce que la mort les surprenne.

Même les plus puissants en témoignent. Auguste, comblé par les dieux, ne cessa de réclamer le repos et de souhaiter être délivré du gouvernement, ce vœu étant le soulagement de ses travaux. Cicéron, ballotté entre Pompée, César et les factions, se plaint dans ses lettres de n'être « qu'à demi libre ». Livius Drusus, agitateur dès l'enfance, regretta de n'avoir jamais eu de congé. Le temps se partage en trois : le passé, qui est certain, le présent, qui est bref, l'avenir, qui est incertain. Les occupés perdent le présent, n'osent regarder un passé dont ils ont honte, et vivent suspendus à l'avenir. Ils n'apprennent à vivre que trop tard, alors qu'il faut toute la vie pour apprendre à vivre et, plus encore, à mourir. Sénèque raille aussi les érudits inutiles, occupés de questions vaines, et les oisifs affairés, qui ne sont pas de loisir mais de paresse active.

Seuls vivent vraiment ceux qui se consacrent à la sagesse. Ils s'approprient tous les siècles en fréquentant Socrate, Zénon, Épicure ou Platon, qui ne refusent jamais leur porte, et leur vie s'étend ainsi au-delà de sa durée. Sénèque invite Paulinus, chargé de l'approvisionnement de Rome en blé, à se retirer d'une charge honorable mais absorbante pour se tourner vers l'étude de la nature, des dieux et de l'âme. Il conclut sur ceux qui travaillent jusqu'à la tombe : la loi dispense des armes à cinquante ans et du Sénat à soixante, mais ils obtiennent plus difficilement le repos d'eux-mêmes que de la loi. Ils règlent d'avance leurs mausolées et leurs funérailles, alors que leurs obsèques devraient se faire, comme celles des enfants, à la lueur des torches, puisqu'ils ont si peu vécu.

Excerpts

Sénèque sur le temps perdu :

“nous n'avons pas trop peu de temps mais nous en perdons beaucoup la vie est assez longue elle suffirait et au-delà à l'accomplissement des plus grandes entreprises si tout tous les moments on était bien employé”

Sénèque sur l'avarice du temps :

“personne ne m'est appris son temps chacun le prodigue comme s'il ne coûtait rien voyez les mêmes hommes quand ils sont malades si le danger de la mort les menace ils en Rasse les genoux des médecins s'ils craignent le dernier supplice ils sont prêts à tout sacrifier pourvu qu'ils vivent”

Sénèque sur ceux qui travaillent jusqu'à la tombe :

“nul ne voit mort en perspective chacun porte au loin ses espérances quelques-uns même règlent pour un temps où ils ne seront plus la construction de vastes mausolées la dédicace de monuments publics les jeux qui se célébreront auprès de leur bûcher”