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Midal, Fabrice

philosophe, écrivain, enseignant de méditation, fondateur de l'École occidentale de méditation, auteur de Comment la philosophie peut nous sauver : 22 méditations décisives

Comment la philosophie peut nous aider à vivre ? avec Fabrice Midal

Hopliteia · Oct 17, 2015 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, assez fautifs par endroits, avec des phrases incomplètes)

Core ideas

La philosophie comme expérience, non comme technicité. Midal explique avoir quitté une philosophie universitaire purement technique pour retrouver l'expérience au cœur des grands textes : Socrate contre les sophistes, Descartes contre les maîtres de la scolastique, Kant éveillé de son « sommeil dogmatique ». Pour lui le philosophe est l'« antipode de l'expert » : il interroge plutôt qu'il ne sait, et « sauver » doit s'entendre au sens premier de « rendre à notre entièreté à notre intégrité » : sauver de l'idéologie des experts, d'une pseudo-rationalité (statistiques, tableaux) qui évacue le sens, la politique et l'éthique au profit de l'économique. La philosophie n'est pas la possession de la vérité mais un questionnement qui détruit les préjugés et laisse « alerte » ; la méditation, qu'il rattache à la racine med (soigner, prendre soin), devient une manière de revenir à l'expérience directe, au sens phénoménologique (il cite Francisco Varela).

Amour, Lumières, souci de soi. Midal lit dans le Banquet le passage de Diotime sur l'amour, intermédiaire entre savoir et ignorance, né de Poros et de Pénia, et rappelle que Socrate y apprend de l'amour auprès d'une femme et qu'Alcibiade est enflammé par lui sans désir sexuel. Il commente Kant, qu'il lit comme un penseur de l'expérience du monde (voir un arbre, c'est à la fois sensation et entendement) et qui, interrogé sur l'avenir, répond qu'on peut seulement faire confiance à l'aspiration des hommes à changer le réel ; puis il lit le début de « Qu'est-ce que les Lumières ? » (la sortie de l'état de tutelle, sapere aude). Il présente Foucault, à la fin de sa vie, comme un penseur d'une « philosophie spirituelle » du souci de soi, distinct d'un travail psychologique narcissique, et le « connais-toi toi-même » de Socrate comme la connaissance de la mesure de notre humanité.

Attention, pleine conscience, sagesse incarnée. Midal critique l'expression « pleine conscience » (traduction fautive de mindfulness, selon lui, qui renvoie à l'attention) : boire un verre d'eau en ayant conscience de boire est une « horreur », alors que l'attention est un oubli de soi, avec Simone Weil et son récit de Perceval, qui ne pose pas la question au roi pêcheur faute d'attention donc d'amour. Il rapproche la philosophie du mythe et de la poésie (Socrate recourt au mythe, les poètes ont des « fulgurances »), préfère « sagesse » et « spiritualité » à condition qu'elles soient incarnées, non détachées du tumulte, et conclut qu'il faut apprendre à « danser avec la vie », accepter l'incertitude, et entrer en rapport d'amour avec le monde et les autres (le dernier mot est un vers de Verlaine).

Excerpts

“« le philosophe n'est pas tant celui qui fait qui est celui qui interroge »”

“« d'un certain point de vue le philosophe et l'antipode de l'expert »”

“« sauver ça veut dire rendre à notre entièreté à notre intégrité »”