Szczeciniarz, Jean-Jacques
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.
Core ideas
Étienne Klein rappelle que les fondateurs de la physique quantique et de la relativité, Einstein, Bohr, Heisenberg et surtout Schrödinger, qui se voulait philosophe, ont été de grands lecteurs de philosophie, et qu'aucune grande théorie n'est née « pure ». Il demande si science et philosophie, aujourd'hui séparées, ont encore une intersection non vide. Il dédie l'émission à Bernard d'Espagnat, mort le 1er août, pour qui la physique quantique impose des leçons à la question du réel. Jean-Jacques Szczeciniarz raconte son double parcours en mathématiques et en philosophie. Formé à l'ENS auprès d'Althusser, qui parlait de la « philosophie spontanée des savants », et nourri de l'école française (Bachelard, Cavaillès, Lautman, Canguilhem), il a pris au mot la consigne de Bachelard : se mettre à l'école des scientifiques. Pour lui, les sciences produisent de l'intérieur des problèmes philosophiques que seuls des philosophes ayant une vraie culture scientifique peuvent dégager. À une citation de Nietzsche sur la science qui deviendrait banale, il répond que la multiplication est un simple instrument, mais aussi un objet profond : il existe des structures sans multiplication et, en physique quantique, des façons d'additionner des particules où 2 + 2 ne font pas 4.
Il fait le portrait de Jean Cavaillès, résistant fusillé, philosophe des mathématiques « bourré d'explosif » qui écrivit en prison Sur la logique et la théorie de la science. Il rappelle que la logique française a été comme décimée, avec Lautman fusillé, Herbrand et Hamelin morts accidentellement. Il partage l'exigence de Cavaillès d'une philosophie démonstrative, une philosophie du concept plutôt que de la conscience, tout en admettant des formes variées d'argumentation, jusqu'à l'aphorisme nietzschéen. La philosophie doit démontrer de façon autonome et ne jamais prendre les résultats scientifiques pour des arguments d'autorité, mais les « préinterpréter » et les prolonger. Il prend l'exemple de l'atomisme : l'atome des Grecs n'existe pas, mais il a orienté pendant deux mille ans les recherches qui ont abouti à l'atome des physiciens. Il juge unilatérale la définition de la philosophie par Wittgenstein comme clarification logique, qui a mené Carnap à vouloir détruire la métaphysique au nom de la logique, contre Heidegger, car le flou est parfois requis.
Contre Steven Weinberg, qui voulait se débarrasser de la « gadoue métaphysique » par la physique, Szczeciniarz soutient, avec Popper, qu'il y a de la métaphysique « à tous les coins » des calculs, dans le choix de ce qui existe et de la nature des opérations. Philosophes et scientifiques doivent investir chacun dans le domaine de l'autre et accepter certains renoncements, mais l'institution n'encourage pas ce travail. Il présente le master LOPHISS, créé en 2004 à Paris 7 autour de Dominique Lecourt notamment, plus difficile pour les littéraires, chez qui il voit des blocages affectifs face au formalisme. Sur l'éthique, il réclame de la rigueur plutôt qu'un « supplément d'âme ». Les grandes questions actuelles sont selon lui l'existence des entités quantiques, le rôle théorique, et non instrumental, des mathématiques en physique (la physique aidant même à démontrer la conjecture de Poincaré), et la tension entre hyperspécialisation et réunification des mathématiques, à la manière de Grothendieck. Il travaille sur l'histoire du concept de courbure, de Kepler au theorema egregium de Gauss : la normale à la surface, sollicitée au début du calcul, disparaît, ce qui fait de la courbure une propriété intrinsèque. Il y lit un modèle de pensée de l'immanence, et la source des géométries non euclidiennes et de la relativité générale. Il conclut sur les « personnages » de la science, Galois, Riemann, Majorana ou Grothendieck, dont la philosophie des sciences doit comprendre les destinées.
Excerpts
Jean-Jacques Szczeciniarz sur les sciences comme source de philosophie :
“je pense que les sciences que les sciences produisent depuis leur intérieur euh des des portées des des des interrogation des problématiques philosophiques que les philosophes dont les philosophes doivent s'emparer ceux qui ne parviennent pas toujours précisément parce que c'est le manque de culture scientifique”
Jean-Jacques Szczeciniarz sur l'autonomie de la démonstration philosophique :
“la philosophie doit produire des démonstration mais de façon autonome. C'est-à-dire que elle ne doit pas considérer les sciences comme des arguments d'autorité qui lui viendraient pour administrer ses preuves. Elle doit se mettre dans l'immanence de dans la force même ou dans le champ de ces démonstrations”
Jean-Jacques Szczeciniarz sur la métaphysique dans la science :
“il est inexact de dire qu'on soit se débarrasser de la de la métaphysique parce que il y a la métaphysique à tous les coins de bling, même dans les calculs les plus compliqués et et j'en fais, il y a des choix métaphysiques qui sont faits sur la la nature des opérations, sur on choisit que quel que telle entité existe ou n'existe pas”