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Darcos, Xavier

ancien ministre, membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, auteur d'Ovide et la mort et de Virgile, notre vigie

Les Métamorphoses d’Ovide (1/4) : La création d'un monde

Hopliteia · Mar 31, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Un poète à la bascule d'un monde. Né en 43 avant notre ère, juste après l'assassinat de César, mort en 17 après, Ovide est le dernier de la génération d'Auguste : poète mondain et érotique (L'Art d'aimer), puis plus grave (Les Fastes), puis auteur des quinze livres des Métamorphoses, avant son bannissement inexpliqué par Auguste, d'où une poésie d'exil (Tristes, Pontiques) qui fera de lui le modèle du poète exilé. Darcos fait écho aux métamorphoses de sa propre vie, et de son temps : la culture gréco-romaine se transforme au contact du christianisme. Au XIVe siècle (Christine de Pisan), l'Ovide moralisé en fait une source de sens.

La création du monde et le mythe de Phaéton. Le poème commence avant le monde, par le chaos : une masse informe, des éléments discordants qu'un dieu sépare et réunit « par les liens de la concorde et de la paix ». Pour Darcos, c'est une idée peu grecque ou latine (les anciens pensent plutôt en cycles d'âges), et le poème donne un protocole de lecture : dans la confusion, il faut classer. Italo Calvino, lu dans l'émission, décrit un univers de formes continues où dieux et hommes sont apparentés ; le mythe de Phaéton, qui veut conduire le char du Soleil et que Jupiter foudroie, illustre la structure qui revient (orgueil, déséquilibre, intervention divine) et l'harmonie fragile où tout est plein d'âme : y toucher, c'est risquer de détruire. Daphné échappe au dieu en devenant laurier ; la métamorphose, difficile à représenter (le Bernin), saisit le passage plus que l'état.

Apothéose, Pythagore et immortalité. Les derniers livres clôturent le poème sur l'apothéose de César, âme changée en étoile par Vénus, et sur le discours de Pythagore (livre XV) : les âmes ne meurent pas, d'où la défense de manger de la viande, qui peut être celle d'un parent réincarné, en écho au renouveau néo-pythagoricien du temps. Darcos y voit une apologie de la vie et du respect de toutes les formes de vie. Les derniers mots du poème, vivam (« je vivrai »), promettent à Ovide l'immortalité par ses vers. Les troubadours (Bernard de Ventadour) l'ont lu comme un réservoir de figures amoureuses.

Excerpts

“« le sens profond des métamorphoses c'est la permanence d'une vie sous diverses formes »”

“« il n'ya pas de n'y a pas de hiatus entre l'homme et son environnement »”

“« c'est une sorte de philosophie de du respect de toutes les formes de vie »”