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Balaudé, Jean-François

professeur à l'université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, auteur de Le Savoir-vivre philosophique : Empédocle, Socrate, Platon, Grasset, et d'un Vocabulaire des présocratiques, Ellipses

Préhistoires de la pensée 3/5 : Empédocle

Hopliteia · Mar 3, 2015 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses déformations de noms propres et de termes grecs)

Core ideas

Un thaumaturge, non un chaman. Balaudé refuse l'épithète de « chaman » appliquée à Empédocle au XXe siècle et le décrit comme une figure à la fois archaïque et moderne (l'« homme agonal » de Nietzsche selon les sous-titres déformés : tradition et modernité, aristocratisme et démocratisme), dont le pouvoir de « thaumaturge » (fragment 111 : arrêter les vents, ramener un mort de chez Hadès) repose sur un savoir de la totalité, une physique rigoureuse que le poème enseigne à son disciple Pausanias. Le « miracle » est la nature telle qu'elle est.

Amour et haine, éléments, Sphairos. Pour Balaudé, la physique d'Empédocle répond à Parménide par une dualité de principes opposés, l'Amour (Philia, Aphrodite) et la Haine (Neikos), qui combinent et dissocient quatre racines (feu, eau, terre, air), en alternance et non en simultanéité, sans qu'il y ait de contradiction dialectique comme chez Héraclite (rapprochement que fait Platon dans le Sophiste en parlant des « Muses ioniennes » et « siciliennes »). Il adhère à la lecture de Jean Bollack (non cyclique) : un état originel, le Sphairos (sphère parfaite, joyeuse), éclate sous l'irruption de la Haine, et tout le devenir est un mouvement indéfini de reconstitution de l'unité perdue. L'extrait de Frankenstein (la créature qui porte à la fois une puissance d'amour et de haine) illustre l'être traversé par les deux puissances ; la question du mal (la Haine) reste un problème pour toutes les métaphysiques (Plotin, Leibniz).

Les Purifications : démons et prétendue métempsycose. Balaudé distingue deux poèmes, Sur la nature et les Purifications, ce dernier racontant un mythe de « démons » chassés du royaume divin pour un meurtre et un parjure, qui errent dans les éléments pendant trente mille ans. Il soutient qu'il n'y a pas d'âme chez Empédocle et que la « métempsycose » est une interprétation rétrospective d'inspiration platonicienne ; « car rien n'est en vérité que transformation d'éléments », et le fragment 117 (« j'ai déjà été garçon, fille, arbuste, oiseau… ») doit se lire comme une manière d'habiter le monde, non comme une incarnation littérale. L'émission s'achève sur la lecture d'un texte poétique évoquant le suicide d'Empédocle dans l'Etna.

Excerpts

“« car rien n'est en vérité que transformation d'éléments »”

“« il n'y a pas d'âme chez empédocle »”

“« on ne peut pas rendre raison de cette irruption du négoce »”