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professeur de philosophie à Charleville-Mézières, auteur d'une thèse sur Empédocle et Anaxagore et co-directeur avec Luc Brisson et Arnaud Macé de Lire les présocratiques (PUF) ; son nom est altéré dans les sous-titres ; lectures de Bachelard, de Marcel Schwob (Vies imaginaires), des fragments d'Empédocle par Vincent Schmitt, extrait d'une pièce de Raymond Guérin (RTF, 1960)

La pensée avant Socrate (4/4) : Empédocle

Hopliteia · Feb 28, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et grecs)

Core ideas

La légende et les deux poèmes. Le saut d'Empédocle dans l'Etna, popularisé par Bachelard (poétique de l'anéantissement par le feu), est une légende déjà contestée dans l'Antiquité ; l'invité y voit une image réductrice d'un penseur sans école, qui prétendait remplacer la parole oraculaire d'Apollon par la parole du poème, comme médecin et magicien. Il lui reste deux poèmes, De la nature et les Purifications (Katharmoi), plus tragique, avec des démons exilés, la transmigration (il fut « jeune fille, plante, oiseau, poisson »), l'interdit de la viande. Il y a six principes seulement : quatre éléments, vrais dieux (le feu, l'air, l'eau, la terre), dont chaque composé, y compris les dieux du panthéon, n'est qu'un assemblage ; et deux forces cosmiques, l'Amour (Philotès, Aphrodite, Harmonie) et la Haine (Neikos, la Discorde).

Le cycle cosmique : amour et haine. L'Amour attire les éléments dissemblables et les mêle (comme une force magnétique, jusqu'à la sphère parfaite, le Sphairos, un dieu mortel, qui se réjouit de sa solitude), la Haine rassemble les semblables et sépare les éléments (le feu avec le feu). L'univers est un cycle sans commencement ni fin, de victoires alternées, et notre monde est dans la phase de haine croissante, où les êtres vivants sont des assemblages provisoires (des membres isolés, des monstres non viables, une sorte d'histoire naturelle) : « rien ne meurt, rien ne naît », sauf des mélanges. La reproduction sexuée est un pis-aller qui montre que nous sommes dans le monde de la haine ; « la haine, c'est ce qui rassemble les semblables », « l'amour, c'est justement d'aller vers ceux qui ne nous ressemblent pas ».

Pensée, sang, purifications et politique. Il n'y a pas d'âme : la pensée est dans le sang, mélange presque égal des quatre éléments, d'où l'interdit de la viande (manger du sang, c'est se manger) et la condamnation des sacrifices sanglants de l'âge de l'amour. Le démon exilé du fragment 115 doit se purifier, et le poème sert de guide pour croître en sagesse (le diaphragme, la respiration, la maîtrise du corps), contre la nécessité cosmique qu'on ne peut changer : on garde un libre arbitre limité, on peut résister à la haine. Politiquement, les éléments étant égaux, Empédocle serait pour l'égalité des citoyens et pour l'impiété de nommer les éléments par des noms de dieux, ce qui est subversif ; sa médecine inspire le corpus hippocratique.

Excerpts

“« l'amour attire les éléments dissemblables »”

“« la haine c'est ce qui rassemble les semblables »”

“« l'amour c'est justement d'aller vers ceux qui ne nous ressemble pas »”