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Podcasts/Intellectual Deep Web/Jünger, Ernst

Jünger, Ernst

écrivain, 1895-1998

L'enregistrement se compose de plusieurs pièces mises bout à bout : (1) lecture du texte sur le sablier et le « temps du sablier », (2) discours commémoratif pour Alfred Kubin, (3) entretien pour son 70e anniversaire (1965) avec un interlocuteur non nommé, (4) discours devant des entomologistes (également 1965), (5) allocution à son frère Friedrich Georg pour son 70e anniversaire et discours pour la remise du prix Goethe, (6) entretien avec un interlocuteur latino-américain non nommé à Wilflingen, (7) lectures extraites d'Autor und Autorschaft et (8) une conversation sur le LSD avec un ami non nommé. Les sous-titres donnent pour l'invité latino-américain des noms déformés (« bourgets », « borcher ») qui pourraient évoquer Jorge Luis Borges, sans certitude ; le partenaire de la conversation sur le LSD n'est pas non plus nommé ici (dans d'autres films sur Jünger, il s'agit d'Albert Hofmann).

Ernst Jünger - Reden, Gespräche und Lesungen

Intellectual Deep Web · Sep 14, 2022 · partial coverage

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Coverage note: full (environ 127 Ko de transcription, lus en cinq parties ; sous-titres allemands automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses déformations)

Core ideas

Temps du sablier contre horloge mécanique. Dans la lecture sur le sablier, Jünger considère le sablier comme un point d'appui apaisant, « pré-copernicien », qui laisse le temps non pas disparaître mais « s'enrichir en profondeur » (Melencolia de Dürer et Saint Jérôme dans son cabinet, avec leurs verres à moitié écoulés). Il décrit son aversion pour les horloges, téléphones et radios dans les pièces intérieures comme une revendication de liberté dans des zones non « domestiquées » ; l'horloge n'aurait sa place ni dans la forêt, ni chez les amoureux, les joueurs, ni dans la musique. À l'ère du « Travailleur », où tout devient mesurable et divisible, le temps du sablier reste un contre-temps profondément ancré dans le fond de l'être – « quelque chose d'autre que le temps des horloges mécaniques ».

Kubin et « l'autre côté ». Le discours commémoratif raconte les rencontres de Jünger avec Alfred Kubin : le dessin à la plume La Guerre en août 1914, la lecture de L'Autre Côté en 1916 dans une librairie de campagne près de Cambrai, le dessin L'Homme en 1921 (début de la correspondance) et la visite à Zwickledt en 1937 avec une lettre à son frère. Kubin apparaît comme l'artiste de la sensibilité exacerbée qui reconnaît l'inquiétant dans le quotidien (vélos rouillés, poteaux vermoulus, chauves-souris dans le pignon du château) et saisit la dissolution du monde bourgeois dans de petites décompositions organiques – moisissure, mites, toiles d'araignée – plus tôt et plus finement que les « faits technico-politiques ». La guerre est interprétée dans le dessin comme l'opposition du « haut et du bas Mars », et Jünger remarque que nous parlons de la « guerre classique » comme de la physique classique.

L'entretien du 70e anniversaire : œuvre, évolution, style. Aux questions d'un intervieweur, Jünger explique l'édition complète en dix volumes (omission des articles de journaux et du roman Sturm, versions du Cœur aventureux, réédition du Travailleur comme « plateau » et non « mode d'emploi pour 1932 », le « type planétaire »). Il décrit le passage de l'image héroïque à l'image humaine et de la pensée révolutionnaire à la pensée conservatrice comme une évolution naturelle (« en amitié, je suis donc conservateur »), sa lecture de la Bible comme remède contre l'angoisse, la « science de la surabondance » comme théologie, son style entre expressionnisme, surréalisme et réalisme magique, et les sciences naturelles comme « cours d'observation ». Sur les falaises de marbre, il ne veut pas qu'on le lise comme un roman à clef, car les puissances fortes ne se rencontrent qu'en rêve.

« Res severa verum gaudium » – chercheur et amateur. Devant des entomologistes, il distingue le chercheur (la chose sérieuse) et l'amateur (le vrai plaisir) ; tous deux partent d'une rencontre précoce avec un objet (Dohrn et le bupreste, les oiseaux de Brehm). La connaissance est autonome et ne doit pas se mesurer à l'utilité ; la distinction entre animaux utiles et nuisibles relève de l'économie, les épandages de poison des monocultures sont discutables (Rachel Carson). Jünger raconte la vitrine brisée (un pied dans le verre, un longicorne ramassé dans l'enfance de son fils tombé à la guerre), un peintre disant que les papillons avaient « formé » le visage d'un homme, la ruine des collections abandonnées, et comment la description exacte du monde et la distinction de nuances fines sont apparentées au travail sur le mot. Qui s'occupe de petites choses regagne du silence dans le monde « surpeuplé ».

Allocution au frère, discours du prix Goethe, lectures. Pour le 70e anniversaire de Friedrich Georg, Jünger parle de souhaits d'enfance partagés (Bas-de-Cuir, l'Islande, Jules Verne), de la technique comme puissance mondiale, de la fin de l'« âge du fer » et du Waldgänger comme figure de l'interrègne. Dans le discours du prix Goethe, il se dit « un scandale » depuis plus de soixante ans dans tous les camps, voit l'auteur tenu seulement envers la langue et la critique déformée par la politique. Dans l'entretien de Wilflingen avec un invité latino-américain, il parle de Neruda et du condor, de Goya, de la première traduction d'Orages d'acier en 1922 en Argentine et du jugement de Joseph Roth ; dans les lectures d'Autor und Autorschaft, il traite l'entretien comme une conversation amicale, la diplomatie et la vie d'auteur, les motifs de violence chez Kleist, la Genèse, Stirner et le surhomme de Nietzsche et les « Titans primitifs » du présent. La fin est un dialogue sur le LSD (dosage, sens aiguisés, Mozart et Beethoven).

Excerpts

“« Le temps du sablier vit en nous tous, pas seulement à la maternelle et pendant les vacances, mais profondément au fond de l'être ; il est autre chose que le temps des horloges mécaniques, autre chose aussi que le temps solaire ; peut-être vaut-il la peine de le représenter. »”

“« Cet homme tranquille avait fait sur le peintre une forte impression, qu'il résuma en cette phrase : les papillons ont façonné son visage. Il faut sans doute une longue vie pour que les ailes douces des papillons de jour et de nuit forment une physionomie. »”

“« On ne peut aborder les puissances très fortes qu'en rêve ; on y atteint alors plus que leur apparence – c'est l'une des raisons pour lesquelles je ne veux pas que Sur les falaises de marbre soit interprété comme un roman à clef. »”