Schmidt, Jérôme
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ cinq minutes ; sous-titres YouTube rédigés à la main)
Core ideas
Un café japonais dédié à Coltrane. Le livre est né de plusieurs voyages au Japon sur une quinzaine d'années. Un jour, dans les rizières près de Fukuoka, Schmidt aperçoit une grande maison en bois vert portant un portrait de Coltrane sur plusieurs mètres de haut et entre dans un « jazz kissa », café de collectionneurs de disques consacré à Coltrane, qui contient trois mille disques du musicien. À dix-sept heures précises, le couple qui le tient et les rares clients se mettent à prier, un murmure comme un bourdon devant le portrait. Il en remonte le fil : la ferveur non religieuse que suscite la musique au Japon, et les derniers pas de Coltrane, qui y a fait sa première et dernière tournée en 1966, quelques mois avant sa mort.
Les kissa, lieux de silence. Le lien entre jazz et Japon remonte aux bases militaires américaines (Okinawa à Sapporo), où des jeunes ont découvert le jazz auprès des soldats, dans les années 1960 ; ceux qui refusaient la vie de salaryman ont ouvert de tout petits lieux (quatre ou cinq places, cinq à dix mille disques) où l'on parle peu, on écoute, on boit, dans un silence partagé avec le maître des lieux. Il en a visité près de trois cents, et raconte avoir croisé Murakami (qui y a tenu un bar dans sa jeunesse) dans son bar de quartier à Tokyo. Le livre est une dérive, une quête sans résolution, qui recueille les dernières paroles et témoigne de lieux en voie de disparition pour un public occidental, dans une mélancolie de « capsules de temps qui se referment ».
Excerpts
“« une ferveur qui est non religieuse »”
“« on met des disques, on les écoute, on se regarde, beaucoup de silence »”
“« Une sorte de quête qui obligatoirement n'aura pas de résolution vu qu'il y a pas non plus de choses à résoudre. »”