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Piantanida, Camille

autrice, La vie est un jeu, témoignage sur l'explosion de l'usine AZF

Camille Piantanida - La vie est un jeu : un destin bouleversé par l'explosion d'AZF

Librairie Mollat · Sep 10, 2026 · partial coverage

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Coverage note: partial — transcript disponible correspond à un extrait court, de forme monologuée plutôt qu'à un entretien complet (environ 5000 caractères)

Core ideas

Piantanida raconte l'ouverture de son livre autour du souvenir du 21 septembre 2001 à Toulouse : un premier « boom » qu'elle et son entourage associent instinctivement aux attentats du 11-Septembre survenus dix jours plus tôt, puis un second « boom » qui déclenche la panique. Étudiante de 19 ans à la faculté, à trois kilomètres à vol d'oiseau du site, elle apprend que l'usine AZF, qui fabriquait des engrais azotés, vient d'exploser et d'être presque entièrement rasée — seule sa cheminée rayée rouge et blanc reste debout, un détail qu'elle décrit avec une ironie mordante comme « un peu arrogant de sa part ». Elle rentre précipitamment dans l'appartement qu'elle partage avec son compagnon Fred, employé de l'usine, et tente en vain de le joindre par téléphone fixe, n'ayant pas de portable à l'époque — ouvrant ce qu'elle appelle « la journée la plus longue du monde ».

Elle explique la structure narrative de son livre, qui entrecoupe le récit de cette journée avec des retours en arrière sur sa vie d'adolescente et de jeune adulte, de ses 15 à presque 20 ans, organisés par âge en chapitres courts : la rencontre avec Fred à 15 ans lors d'une partie de jeu de rôle grandeur nature, leur histoire d'amour, et les personnes charismatiques rencontrées dans cet univers du jeu de rôle qui a façonné leurs années ensemble. Elle insiste sur la fidélité de son témoignage à la réalité vécue, sans effet de romancement, malgré la distance de 25 à 30 ans et la possibilité que la mémoire ait pu, par nature, sélectionner ou altérer certains souvenirs.

Elle explique sa démarche d'écriture comme un devoir de mémoire actif contre l'érosion du souvenir provoquée par le silence pudique et bienveillant qui a longtemps entouré, parmi ses proches, l'évocation de Fred et d'un autre disparu, Azzedine : à force de ne pas en parler, on finit par perdre ses souvenirs, ce qu'elle juge inacceptable au regard de la brièveté de la vie de Fred. Pour reconstituer son récit avec exactitude, elle a sollicité la mémoire de ses proches (parfois pour la première fois sur les événements les plus douloureux du jour même), mené un travail d'archives personnelles (photos, carnets, lettres relues) et affirme n'avoir rien inventé.

Elle conclut en s'adressant explicitement aux jeunes lecteurs n'ayant pas connu l'événement (les moins de 25 ans n'étaient pas encore nés), espérant que son récit de l'envie de vivre, d'apprendre, d'expérimenter et d'aimer à l'adolescence puisse aussi leur parler, et cite en clôture une phrase de son amie ingénieure Sabine : « nous allons au travail pour gagner notre vie et pas la perdre ».

Excerpts

Sur le moment de la double explosion et la panique immédiate :

“« Quelques secondes plus tard, il y a eu un 2e boom et là on s'est clairement affolés [...] l'usine AZF qui fabriquait des fertilisants azotés venait d'exploser et elle a été totalement rayée de la carte [...] il y a sa cheminée rayée en rouge et blanc qui elle est restée debout, ce que je trouve un peu arrogant de sa part. »”

Sur le devoir de mémoire contre l'érosion par le silence :

“« À force de silence, en fait, on casse des ponts vers la mémoire et du coup les souvenirs s'étiolent et puis en fait on perd ses souvenirs, on perd la mémoire. Et en fait ça, on n'a pas le droit, c'est juste inimaginable d'oublier Fred. »”