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Podcasts/Résonance[s]/Kelen, Jacqueline

Kelen, Jacqueline

écrivaine, auteure du Sens de l'hospitalité, éd. Guy Trédaniel

Jacqueline Kelen : Le sens de l'hospitalité

Résonance[s] · partial coverage

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Coverage note: full (environ quinze minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, assez fidèles)

Core ideas

Hospitalité et hostilité. Les deux mots viennent du latin : hospes (l'hôte, l'étranger) et hostis (l'étranger devenu l'ennemi). Kelen y voit un questionnement sur l'altérité : l'autre peut être celui avec qui je partage le pain, mais aussi celui qui me dérange. L'hospitalité est liée au nomadisme et au sentiment que l'homme est un voyageur, un pèlerin « de passage », que l'Occident sédentaire, riche et possessif a oublié. Dans la Grèce antique, on accueille l'autre au nom de Zeus hospitalier (Jupiter chez les Romains) : l'hospitalité est « un devoir d'humanité mais au sens sacré ».

Vertu personnelle et solidarité collective. Elle distingue l'hospitalité, la charité, la bonté, la générosité, qui sont des vertus personnelles et intimes (on donne de soi et on donne du prix à l'autre), de la solidarité, qui est une valeur citoyenne. L'hospitalité traditionnelle concerne une ou deux personnes, un visage, qui repartent le lendemain, alors que l'accueil actuel des migrants concerne des foules anonymes et des personnes qui restent. Elle comprend l'inquiétude devant le nombre et critique l'absence de consultation des populations qui accueillent, tout en rappelant les votations suisses ; accueillir ne doit pas se faire seulement avec générosité, mais avec « justesse et justice », discernement et équilibre.

Réciprocité et gratitude. Elle cite Brassens (« Chanson pour l'Auvergnat »), qui, accueilli, offre sa chanson ; la moindre des choses est d'offrir quelque chose de soi, y compris de connaître quelques rudiments de la langue d'accueil. Ulysse, reçu chez les Phéaciens, raconte son aventure ; le suppliant grec bénit son pays d'accueil et participe à la vie sociale. Pour elle, l'attitude noble est l'ouverture, le « oui » non calculé à l'imprévisible ; le xenos grec n'est pas négatif, et la xénophobie n'apparaît qu'à la fin du XIXe siècle. Sur La fin de l'hospitalité (deux philosophes), elle estime que la question est traitée de manière collective alors qu'elle devrait être posée à chacun.

Excerpts

“« l'hospitalité est un devoir d'humanité mais au sens sacré »”

“« la solidarité est une valeur citoyenne »”

“« On salue l'étrangeté de l'autre, celui qui n'est pas moi. »”