Kelen, Jacqueline
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Core ideas
La passion de connaître et une présence depuis l'enfance. Kelen se dit animée par « la passion de la connaissance », la lecture dès cinq ans, des professeurs comme Jacqueline de Romilly et Pierre Grimal ; son seul maître est « l'esprit qui souffle où il veut ». Toute petite, elle a eu le sentiment d'une présence sensible, invisible, mystérieuse, qui ne l'a jamais quittée, malgré les doutes. Écrire, dit-elle, est un témoignage de la grandeur et de la liberté de l'être humain, non un récit de vie ; elle ne pense pas à son public. Elle n'aime pas les livres où l'on raconte ses ennuis, et préfère chanter la blessure qui ouvre vers l'infini, la liberté, l'amitié.
Une époque qui éradique le sentiment du divin. Elle ne se sent pas « à rebours » mais juge que notre temps a inversé les grandes vertus : l'« éradication du sentiment religieux » (non des religions, qui font parler d'elles par leurs fanatismes) prive l'être humain du désir de se dépasser, de se perfectionner (Pic de la Mirandole, Bernanos, La liberté, pour quoi faire ?). Les régimes égalitaires, dit-elle, sont totalitaires ; elle craint l'enfermement dans un monde plat (elle a horreur des écrans), où l'espérance est remplacée par le progrès. Face au « si l'âme n'est pas immortelle, tout est permis » de Dostoïevski, elle répond que la noblesse humaine tient même si Dieu n'existait pas : il s'agit de « vivre en beauté ». Elle sent que l'âme, en exil, vient de très loin et aspire à retrouver son lieu ; la mystique est la finalité de toute vie spirituelle.
Les maîtres, les femmes, la vie réussie. Pas de modèle à imiter (« être disciple est une calamité », Krishnamurti) ; elle cite Romain Rolland et Râmakrishna qui l'ont libérée de l'angoisse « occidentale », les mystiques, le Tao Tö King, Henry Corbin, le Livre des Morts égyptien. Elle revient sur Marie-Madeleine (femme de connaissance, une hétaïre au sens grec), Schéhérazade, la reine de Saba : des femmes qui éveillent et enseignent, alors que dans presque toutes les religions les femmes n'ont pas la parole. Elle a prononcé une homélie dans une communauté orthodoxe. Une vie réussie, pour elle : ne pas être passé à côté d'une rencontre, avoir aimé « follement en pure perte », avoir fait grand silence, avoir ri.
Excerpts
“« j'ai la passion de la connaissance oui la passion de l'étude aussi loin que je remonte j'ai toujours lu »”
“« être disciple est une calamité »”
“« c'est avoir aimé et avoir été aimé »”