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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Bernard, Catherine & Byatt, A. S. & Garnett, Angelica & Lee, Hermione & Partridge, Frances

Bernard, Catherine & Byatt, A. S. & Garnett, Angelica & Lee, Hermione & Partridge, Frances

Bernard, Catherine: angliciste, maîtresse de conférences à Paris 7

Byatt, A. S.: romancière

Garnett, Angelica: peintre, nièce de Virginia Woolf

Lee, Hermione: professeure à l'université d'York, biographe de Woolf

Partridge, Frances: écrivaine, doyenne du groupe de Bloomsbury

On entend la voix de Virginia Woolf dans une interview de la BBC de 1937. Le témoignage de Duncan Grant (1941) et des extraits du Journal, de Mrs Dalloway, de La Promenade au phare, d'Orlando, d'Une chambre à soi et des Vagues sont lus par Annie Bertin (nom incertain) et Maxence Mailfort. Les interventions en français des invités anglophones sont mal restituées.

VIRGINIA WOOLF (1882-1941) – Une vie, une œuvre [1998]

Rien ne veut rien dire · Apr 21, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre par endroits.

Core ideas

L'émission retrace l'enfance d'Adeline Virginia Stephen, née en 1882 au 22 Hyde Park Gate, dans une maison sombre et pleine où vivaient les enfants de trois mariages. Le milieu est aisé, cultivé, au centre des réseaux intellectuels victoriens, et Henry James passe dans les allées de Kensington Gardens. Hermione Lee montre que la chambre, lieu de l'enfance et de l'écriture, devient une métaphore centrale de l'œuvre, jusqu'à La Chambre de Jacob, nourrie par la mort de son frère Thoby. Selon elle, Woolf a écrit sous forme subversive la biographie que son père attendait d'elle, notamment dans Mr Ramsay. Catherine Bernard décrit un imaginaire façonné par deux figures opposées : la mère solaire et lumineuse, morte en 1895, et le père, patriarche victorien taciturne et tyrannique. Elle met en garde contre une lecture trop psychanalytique des abus attribués aux demi-frères Duckworth, qui occulterait une œuvre « beaucoup plus lumineuse » fondée sur le bonheur de la sensation.

Après la mort de Leslie Stephen en 1904, les enfants s'installent à Gordon Square, où naît le groupe de Bloomsbury autour des amis de Thoby à Cambridge : Keynes, Roger Fry, Duncan Grant, Vanessa Bell. Lee souligne une liberté nouvelle de parole sur le sexe, l'homosexualité et la religion. Angelica Garnett évoque des gens qui « vivaient les arts » plutôt que de les pratiquer, dans un Bloomsbury de village. A. S. Byatt, venue du Yorkshire provincial, prend ses distances avec un anticonformisme jugé trop raffiné et moqueur, et reproche à Woolf d'avoir ruiné la réputation d'Arnold Bennett. Elle reconnaît toutefois sa dette envers Une chambre à soi. Bernard rappelle l'engagement pacifiste du groupe, objecteurs de conscience en 1914-1918, et analyse la révolte de Woolf contre l'esthétique réaliste édouardienne. À la réalité stable d'un narrateur omniscient, elle oppose une réalité façonnée par l'émotion et une polyphonie qui culmine dans Les Vagues (1931). La Hogarth Press, fondée en 1917 avec Leonard Woolf, publie Mansfield, Eliot et les premières traductions de Freud.

Bernard lit l'androgynie d'Orlando, inspiré par la passion pour Vita Sackville-West, comme un projet esthétique : une conscience qui dépasserait le clivage du masculin et du féminin et retrouverait une unité perdue. Garnett décrit la vie à Tavistock Square et le couple Woolf. Leonard, qui espérait un mariage passionné, se fit gardien et compagnon, en lui sauvant probablement la vie, mais avec des traitements d'époque, repos, lait et interdiction d'écrire, qu'elle juge mal conçus. Elle regrette que Bloomsbury n'ait pas vraiment compris la psychanalyse. Bernard montre que Londres, espace subjectif de Mrs Dalloway, et les « moments of being » font naître une expérience cosmique d'objets anodins, comme la nageoire aperçue dans les flots, source des Vagues. Byatt admire La Promenade au phare, dont le passage sur la maison vide est pour elle un poème en prose unique. L'émission s'achève sur l'évolution vers une forme disloquée dans Entre les actes, sur Londres bombardée et sur l'épuisement d'une femme qui choisit de mourir en 1941.

Excerpts

Catherine Bernard contre une lecture trop sombre de Woolf :

“on a peut-être trop tendance à lire [woolf] de manière noire en fait et [à en] faire une romancière noire et perclus de névrose [...] mais je crains qu'à trop confondre la vie et l'oeuvre on occulte finalement ce qui est un aspect fondamental de son oeuvre beaucoup plus lumineux [...] beaucoup plus solaire”

Catherine Bernard sur la révolution esthétique de Woolf :

“ce que [woolf] va toujours essayer de faire c'est de [...] montrer comment finalement la réalité loin d'être stable était en fait constamment refaçonner modeler construite finalement par l'émotion par le sentiment par notre place notre notre dialogue même physique avec le monde dans lequel nous vivons”

Angelica Garnett sur l'art de vivre de Bloomsbury :

“il ne faut pas séparer les arts de la vie [...] ils vivaient les arts donc il ne pensait pas [à] l'art comme quelque chose à faire ou à se préoccuper pour l'art et simplement c'était c'était eux c'était là leur existence”