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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Reznikoff, Iégor

Reznikoff, Iégor

musicologue, chanteur et spécialiste de la résonance et du chant ancien

L'émission est un entretien entre Claude Mettra et Iégor Reznikoff. Des extraits de Platon (Timée, Phèdre, Phédon, Banquet) sont lus par des comédiens, dont Jacqueline Taous ; les autres noms sont incomplets dans la transcription.

PYTHAGORE (vers 580-495 av. J.-C.) : Les mystères d'Apollon – Une vie, une œuvre [1987]

Rien ne veut rien dire · Apr 28, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

Claude Mettra propose trois figures pour retracer l'expérience spirituelle de la Grèce : Orphée le mythique, Pythagore le légendaire et Socrate l'historique. Ce sont pour lui trois regards posés sur la relation du visible et de l'invisible, unis par l'obsession de l'immortalité et placés sous le signe d'Apollon. Iégor Reznikoff voit dans le courant pythagoricien, transmis par Platon et les néoplatoniciens, la philosophie qui a le plus durablement façonné la vie spirituelle de l'Occident, jusqu'à Kepler au XVIIe siècle. Il rappelle l'absence de textes contemporains, qu'il explique par un vœu de silence et le primat de l'oral, rapproché de celui des druides. Après l'hypercritique du début du XXe siècle, qui doutait de l'existence même de Pythagore, il invoque deux arguments : la cohérence d'un enseignement dispersé de l'Orient à l'Occident, et les fouilles de Crotone, qui révèlent des cités prospères et des monnaies finement gravées par le fils d'un graveur. Il attribue à Pythagore le mot « philosophie » et y voit à la fois l'héritier de la tradition orphique, chamanique et végétarienne, et le fondateur d'un système du monde visible et invisible d'une grande rigueur logique.

Reznikoff explique pourquoi Pythagore passait pour une émanation d'Apollon hyperboréen : le Nord, où le soleil ne se couche pas en été, figure la lumière qui ne passe pas. Il raconte avoir chanté dans le temple de Delphes, d'abord les intervalles justes de la tradition pythagoricienne, puis un hymne au soleil dans une langue du Grand Nord. Il en tire l'idée que cette tradition n'est pas une philosophie livresque mais une vie de prière. Il oppose la religion civique homérique au salut individuel de l'âme d'origine orphique : le monde apparent est un théâtre qui se dissout dans le temps et l'espace, et l'on remonte à la lumière originelle en plongeant dans la conscience. Le testament de Pythagore, « travailler le monocorde », résume pour lui cette vision : tout est vibration, donc nombre. Il y voit une idée très moderne et critique la consonance faussée du piano. Au cœur de la République, Socrate invite à réharmoniser les trois niveaux de l'âme comme les intervalles d'une corde et à retrouver « l'amitié de soi-même ». La danse et la liturgie, qu'Augustin reprend dans le De musica, sont pour lui une thérapie du corps et de l'âme.

Reznikoff distingue Socrate, homme de la situation immédiate qui use de croche-pieds logiques comme un maître zen, de Platon, qui croit davantage à l'argumentation, et d'Aristote, qui fait de la logique un don divin. Il voit en Socrate un « saint de notre temps », présent partout, des rues d'Athènes au camp militaire, où il reste vingt-quatre heures en extase avant de saluer le soleil. Il le rapproche de saint Martin, soldat sans armes, et de Kierkegaard, qui se tournait vers Socrate dans le désespoir. Il évoque aussi l'épisode d'Alcibiade dans le Banquet. Mettra oppose la mort légendaire de Pythagore, brûlé à Crotone ou monté au ciel selon une autre tradition, à celle bien réelle de Socrate. Reznikoff y lit le refus de se dérober et une paix intérieure devant la ciguë. L'émission se clôt sur le chant des cygnes du Phédon, oiseaux d'Apollon qui chantent de joie à l'approche de la mort.

Excerpts

Iégor Reznikoff sur le testament de Pythagore :

“le testament spirituel de Pythagore c'est-à-dire le résumé de son enseignement est tout simplement travailler le monocorde le monocorde c'est-à-dire la résonance de la corde et on s'attendrait plutôt à ce que son testament soit quelque chose de philosophique ou de religieux non travailler simplement l'accord la résonance de l'accord”

Iégor Reznikoff sur l'harmonie intérieure dans la République :

“quand ces trois niveaux seront réharmonisés comme sont harmonisés les intervalles justes de la résonance de la corde alors on retrouvera l'harmonie intérieure l'amitié de soi-même on retrouvera l'unité en soi et de multipes qu'on était de dispersé qu'on était on deviendra un”

Iégor Reznikoff sur Socrate :

“il était là ce n'était pas quelqu'un qui se retirait dans les montagnes de l'Himalaya ou de l'Olympe l'ermite le sage qui se retirait [...] mais il est là vraiment il est c'est l'homme publque l'homme public même parfois dans le mauvais sens du mot”