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Pichois, Claude

spécialiste de Baudelaire

Baudelaire à Paris (3/3) : Un martyr romantique

Rien ne veut rien dire · Sep 2, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, avec de nombreuses déformations de noms et de titres, notamment « Baudel », « Osman », « malâ » pour mal)

Core ideas

Les trois Paris de Baudelaire et les ateliers de Delacroix. Du haut du Sacré-Cœur, Pichois décrit le Paris ancien, puis transformé par Haussmann (axes nord-sud et est-ouest), puis futur, et montre, à partir du salon de 1859, un Baudelaire sensible à la transformation de la ville. La visite de l'atelier de Delacroix et de la chapelle des Saints-Anges de Saint-Sulpice nourrit une discussion sur le romantisme : les intervenants rappellent que Delacroix, retiré du monde officiel, semble avoir mal compris l'admiration de Baudelaire, qui en faisait pourtant le chef de l'école moderne, et que la modernité de Delacroix tient à la couleur et à la technique plus qu'aux sujets (scènes orientales, médiévales, antiques) ; Pichois y voit un lien de la modernité avec une affinité religieuse indépendante de toute Église.

Baudelaire et Dieu. Dans l'église où il fut baptisé, Pierre Emmanuel dit que « la préoccupation de Dieu est fondamentale chez lui », mais d'un Dieu surtout psychique, « force omniprésente » devant laquelle il se sent coupable et rebelle, plutôt que du Dieu chrétien. Il propose de parler de religiosité plutôt que de religion, d'un « paradis perdu » lié à l'enfance avec la mère, et d'un Satan qui est un Prométhée ou un Lucifer libérateur ; un autre intervenant ajoute que la figure du père est refusée (le général Aupick, qui lui a « volé » sa mère) et que Baudelaire fut toute sa vie infantilisé, notamment par son conseil judiciaire.

Le procès, les éditeurs, la mort. Pichois reconstitue le procès des Fleurs du Mal : parution en juin 1857, article de Gustave Bourdin dans Le Figaro le 5 juillet, rapport au ministère de l'Intérieur du 7 juillet, saisies, article élogieux d'Édouard Thierry dans Le Moniteur le 14 juillet, procès en correctionnelle en août devant le substitut Ernest Pinard, qui avait déjà requis contre Flaubert ; Baudelaire, sans protecteur, était « une victime assez désignée ». Condamné à 300 francs d'amende et à la suppression de six pièces, il renonce à faire appel et obtient la remise de l'amende ; les pièces ne seront réintégrées qu'en 1946. L'émission passe chez Poulet-Malassis (passage Mirès), à la bibliothèque Jacques Doucet (lettres, liste de services de presse, feuillet de « Bribes », portrait de Berthe et note qui annonce « La soupe et les nuages ») et chez Michel Lévy, qui racheta les traductions de Poe pour 2 000 francs et les œuvres complètes lors d'une adjudication en décembre 1867. Elle se termine au cimetière du Montparnasse, sur la tombe de la famille Aupick, après la maladie de Baudelaire (hémiplégie en 1866, mort le 31 août 1867 à 46 ans), évoquée comme une aphasie cruelle pour un « artisan du verbe ».

Excerpts

“« je sais simplement que la préoccupation de Dieu est fondamentale chez lui »”

“« baudelire qui n'avait pas de protection était une victime assez désignée »”

“« on trouve un Baudel qui est sensible à la transformation de Paris non pas encore au Paris transformé mais à la transformation de Paris »”