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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Carraud, Vincent

Carraud, Vincent

professeur de philosophie à l'Université de Caen, auteur de Pascal et la philosophie ; « Careau » dans les sous-titres

Les Pensées de Pascal (4/5) : La question du moi chez Pascal

Rien ne veut rien dire · Jan 26, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Pascal inventeur du « moi », cartésien contre Descartes. Carraud distingue « il faut se haïr soi-même » (rapport à Dieu) et « le moi est haïssable ». Pascal est le premier en langue française à écrire « le moi » comme substantif (Montaigne ne l'a jamais fait), par une démarche cartésienne : le plus grand cartésien du XVIIe siècle, il connaît par cœur la deuxième Méditation et en retourne la scène (la fenêtre, les passants, les chapeaux et les manteaux). Dans « Qu'est-ce que le moi ? », c'est lui le passant : qu'aime-t-on quand on aime quelqu'un, sa beauté, son jugement, sa mémoire, tout périssable ? Le moi n'est ni dans le corps ni dans l'âme, introuvable en métaphysique : « il fallait Descartes pour que Pascal inventât le moi, et ce moi-là, Pascal montre qu'il est métaphysiquement introuvable ». À la différence de Spinoza, Malebranche, Leibniz, il ne systématise pas les apories cartésiennes : il les assume (Martineau : « phénomène des commencements cartésiens »).

Le moi dans la dépravation de la volonté. Si le moi n'est pas trouvable en métaphysique, il l'est dans l'histoire de ma volonté dépravée (la thèse d'une identité historique), non chez Augustin (« mon amour est mon poids ») : l'expérience pascalienne est « je ne suis pas aimable et je veux être aimé ». Le moi est haïssable parce que l'amour de soi est haïssable, malgré la politesse de l'honnête homme (Miton) : à lui, qui répond « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point », une phrase que Pascal lui met en bouche, comme d'autres fragments attribués à des libertins, Pascal répond que le moi, couvert, n'en est que plus haïssable. Deux pratiques de dissimulation : la séduction (se cacher à autrui) et le divertissement (se cacher à soi-même) ; l'amitié sociale est une entre-tromperie.

L'amour de Dieu et le Mémorial. Seul Dieu peut aimer gratuitement qui n'est pas aimable : la grâce est le nom théologique de l'amour véritable, ce que Pascal vit dans la croix (« cette goutte de sang pour moi »). Pas d'orgueil, car c'est un fait historique, une certitude. Le Mémorial (23 novembre 1654, cousu dans son pourpoint) est un montage de citations scripturaires mêlées de phrases nominales qui sont de lui (« Feu, certitude, sentiment, joie, paix ») ; la « joie, pleurs de joie » naît d'une certitude (saint Paul) ; Carraud en fait un texte sur la séparation et l'unité : « je m'en suis séparé… que je n'en sois jamais séparé ».

Excerpts

“« il fallait des cartes pour que pascal inventa le mois et ce mois là pascal montre qu'il est métaphysiquement introuvable »”

“« ça veut dire l'amour de soi est haïssable »”

“« c'est un texte sur la séparation essentiellement sur le couple séparation unités »”