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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Marion, Jean-Luc

Marion, Jean-Luc

professeur émérite à la Sorbonne, auteur de La pensée passive de Descartes, annoncé aux PUF

Descartes sur table (2/4) : L'âme et le corps, passionnément

Rien ne veut rien dire · Jan 28, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance sur plusieurs termes et noms propres)

Core ideas

La troisième notion primitive : la chair. Partant de la lettre de Descartes à Élisabeth du 21 mai 1643, Marion montre que Descartes ajoute, aux deux notions primitives de la pensée et de l'étendue (qui suffisaient à sa théorie de la connaissance), une troisième : l'union de l'âme et du corps. Il s'agit, selon l'interprétation de Marion, de la découverte de la chair : le corps que « je suis » plus étroitement que le marin n'est uni à son bateau, celui où j'éprouve la faim, la soif, la douleur. Ce n'est pas un corps du monde, objet d'une mesure, mais un corps éprouvé malgré soi, ce qui annonce Levinas, Michel Henry, Husserl et Merleau-Ponty. Descartes aurait mis cette expérience entre parenthèses dans l'ordre de la connaissance objective, avant de recommencer à zéro.

Une pensée passive. Si le « penser » cartésien est actif (douter, entendre, vouloir, imaginer), il comprend aussi le sentir, donc une passivité. Marion y distingue trois degrés : la passivité qu'on rapporte aux choses du monde, celle qu'on rapporte à son corps (la machine pour les médecins) et celle qu'on rapporte à l'âme, la passion proprement dite. Une passion peut naître d'une cause imaginaire (le rêve), voire d'une joie purement intellectuelle ; la pensée peut donc être à la fois sujet et objet d'elle-même, ce que Marion rapproche de l'« auto-affection » de Michel Henry. Il l'oppose à l'idée spinoziste, qu'il juge naïve, d'un passage de la passivité à l'activité.

La générosité, passion de la liberté. Les passions disposent le corps et incitent l'âme à vouloir (la peur à fuir, l'audace à combattre) : une contre-volonté qui vient de l'extérieur. On peut se déconditionner, comme on dresse un chien d'arrêt, non pas en redevenant simplement actif, mais en opposant une contre-passion : la générosité, contentement né du bon usage du libre arbitre, la seule chose qui dépende de nous, quel que soit le succès. Marion la distingue du « mégalo » aristotélicien soucieux d'effet, et la rattache à l'amour de Dieu comme échelle pour juger de ce bon usage, ce que l'animateur conteste. Dans le journal, Nadaud soutient que la « révolution moléculaire » de Guattari (un groupe sujet de ses propres actions, contre le « molaire ») reste actuelle.

Excerpts

“« en d'autres termes les passions de l'âme ne sont elles pas la meilleure preuve de la passivité de la pensée »”

“« la générosité c'est une passion provoquée par le fait que je me suis au sens strict impressionné moi même »”

“« nous pouvons nous déconditionner et nous reconditionnés c'est à dire prendre le contrôle de ces patients extérieurs »”