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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Carrière, Jean-Claude & Auger, Danièle & Demont, Paul & Taillardat, Jean & Brunet, Philippe

Carrière, Jean-Claude & Auger, Danièle & Demont, Paul & Taillardat, Jean & Brunet, Philippe

Carrière, Jean-Claude: helléniste, spécialiste de la comédie ancienne

Auger, Danièle: helléniste

Demont, Paul: helléniste

Taillardat, Jean: helléniste, spécialiste de la langue d'Aristophane

Brunet, Philippe: helléniste, traducteur et metteur en scène

Le générique cite d'autres intervenants aux noms illisibles (Christine Singer ?). Les intervenants ne sont pas toujours identifiables dans la transcription. La réalisation est attribuée à René Jentet, avec Francesca Isidori dans le groupe de réalisation. Des extraits de La Paix, des Grenouilles, des Oiseaux, des Cavaliers et de L'Assemblée des femmes sont joués d'après la traduction de Victor-Henry Debidour, dont certains proviennent d'une production de 1967 ; plusieurs passages joués sont inintelligibles.

ARISTOPHANE (vers 450-385 av. J.-C.) – Une Vie, une œuvre [1995]

Rien ne veut rien dire · Apr 28, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre, surtout pour les extraits joués.

Core ideas

L'émission s'ouvre sur une idée : pas de grande tragédie sans grande comédie. Le rire, visage retourné de Dionysos, accompagne la tragédie depuis les injures de l'Iliade, et les Grenouilles dressent le constat de décès de la tragédie, comme Ménandre annoncera la mort de la comédie. Un intervenant énumère les ressorts de la comédie ancienne : railleries sur les travers physiques, plaisanteries sexuelles et scatologiques, parodie tragique et judiciaire, et attaques personnelles contre Cléon, Euripide ou Socrate, des cibles qui ont souvent mal fini. La comédie viendrait des charivaris et des mascarades des Dionysies des champs. Jean-Claude Carrière explique pourquoi tragédie et comédie sont proprement athéniennes : elles naissent avec une démocratie qui invente l'égalité arithmétique, une « théâtrocratie » selon Platon. Elles deviennent critiques quand cette démocratie se lie à l'impérialisme de la ligue de Délos. Aristophane, actif dans le dernier quart du Ve siècle, appartient avec Euripide et Thucydide à une pensée démocratique modérée. Selon Carrière, la mort de la comédie ancienne coïncide avec celle du grand rêve démocratique après la défaite d'Athènes.

Les intervenants commentent les pièces de la paix, Les Acharniens, La Paix et Lysistrata, ainsi que la dénonciation des répressions de Mytilène et de Skionè. Dans Les Acharniens, Dicéopolis conclut une paix personnelle de trente ans, savourée comme un grand cru, tandis que Lamachos revient blessé. La parabase brise l'illusion : le poète y revendique, sous le masque, la mission d'enseigner aux citoyens ce qui est juste. Un intervenant montre que la comédie dénonce sans cesse sa propre machinerie, la grue, l'ekkyklèma, et des déguisements à deux étages. Sous le costume rituel, ventre rembourré et phallus postiche, les personnages se déguisent encore et ridiculisent leur travestissement, ce qui maintient le spectateur à distance au lieu de l'aliéner. Les Oiseaux sont l'utopie la plus achevée, Coucouville-les-Nuées affamant les Olympiens par le blocus des fumées sacrificielles. La pièce est aussi ambiguë : le héros finit par rôtir les oiseaux rebelles, image du tyran qui mange ses concitoyens et d'une Athènes devenue impérialiste.

Carrière décrit la structure de chaque comédie : une idée fantastique imposée par un agôn, puis un monde carnavalesque de bonheur où tombent les interdits, où les objets s'animent et où le corps prend sa revanche sur l'ascétisme des philosophes. Il y voit une sorte de cure psychanalytique collective qui rappelle à la classe politique que seul le peuple gouverne, avant de réintégrer la cité. Danièle Auger lit les femmes de Lysistrata et de L'Assemblée des femmes non comme un féminisme mais comme le symptôme d'une cité vidée de ses citoyens. Le bon citoyen comique est celui qui prépare lui-même le banquet, et la cité meurt quand les hommes ne font plus que se faire nourrir. Pour un intervenant, la comédie joue le rôle d'un système à inertie plutôt que de causer la perte de ses cibles. Dans Les Nuées, Socrate devient le type même du sophiste parce que les Athéniens le connaissaient, avec le duel du raisonnement juste et du raisonnement injuste. Jean Taillardat évoque la langue d'Aristophane, ses jeux de mots et ses images, comme le sourcil levé de l'arrogant, et la façon dont les biographies antiques ont pris ses moqueries au pied de la lettre.

Excerpts

Un intervenant sur la comédie comme carnaval démocratique :

“la critique carnavalesque à la fois des vieilles autorités et aussi des autorités nouvelle de dieu intellectuel moral des socrates des fabricants de nuage permet de rappeler à toutes ces fausses autorités qu'athènes la seule source du pouvoir c'est la volonté populaire”

Un intervenant sur l'ambiguïté des Oiseaux :

“c'est en même temps une pièce profondément ambigu qui montre que l'utopie peut mal tourner car après tout ces oiseaux à qui on a promis la liberté la survie ne seront plus tracassé par les hommes eh bien on s'aperçoit qu'ils sont effectivement présenté pour certains d'entre eux en en brochettes et assaisonner par le nouveau maître de la cité”

Danièle Auger sur les femmes dans la comédie :

“lorsque les femmes interviennent sur la scène c'est en quelque sorte pour signifier que les hommes ne sont plus là et sont incapables de faire quoi que ce soit de cohérent de conséquents et comme le dit un personnage de lysistrata des hommes y en a plus au sens où des citoyens il n'y en a plus”