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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Agacinski, Sylviane

Agacinski, Sylviane

philosophe, auteur d'Aparté. Conceptions et morts de Søren Kierkegaard

Kierkegaard, philosophe malgré lui (6/10) : Kierkegaard et la femme

Rien ne veut rien dire · Mar 24, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; la fin est un long extrait lu de Kierkegaard)

Core ideas

Aparté et conception. Le titre du livre d'Agacinski vient d'une citation de Kierkegaard : « l'homme était fait pour l'éternité, la femme l'induit dans un aparté », et d'une autre sur la conception comme enfantement, qui joue sur la génération charnelle, la création poétique et la conception philosophique. L'aparté est autant celui où la femme entraîne l'homme que celui où l'écriture entraîne l'auteur et celui où Dieu entraîne l'homme.

La femme dangereuse, la femme exemplaire. Il n'y a pas de portrait unique de la femme chez Kierkegaard. Elle est d'abord dangereuse : en conjuration avec l'Église, l'État et le monde, elle veut dévorer l'homme et l'empêcher de mourir, c'est-à-dire de se sacrifier comme esprit et chrétien ; la mère de famille, égoïste à travers ses enfants, figure de la réappropriation, incarne en cela la logique hégélienne. Kierkegaard dit pourtant se sentir femme, et parle du bonheur d'en être une. La seule bonne image, celle de la pécheresse de l'Évangile (un tableau de Füssli) qui pleure et se tait, est aussitôt écartée : naturellement abandon et soumission, la femme est trop naturellement religieuse pour se sacrifier, et seul l'homme, par une sorte de castration spirituelle, peut faire véritablement acte de sacrifice. Le chrétien devrait donc être « encore plus femme que la femme ».

Régine, procréation, différence sexuelle. Après sa rupture, Kierkegaard écrit à Régine Olsen (« quand tu respires l'héliotrope, pense à moi »), tour à tour la voulant complice du sacrifice, la soupçonnant d'avoir épousé Schlegel pour le revoir, tentant de rencontrer Schlegel comme un père de substitution. La procréation est pour lui l'objet de métaphores contradictoires : la mère est l'égoïsme borné (la truie et sa portée), mais le poète est comme une femme enceinte et même comme Dieu, d'où l'idée que la femme-mère est « virile » et rivalise avec l'écrivain et le père. Agacinski y voit une dénégation de la féminité et, chez Socrate comme chez Kierkegaard, un rejet de la différence sexuelle au profit d'un esprit « sans sexe » : le sexe reste attribué à la femme, et l'homme devient ce qui n'en a pas. L'émission se termine sur un texte de Kierkegaard sur la pécheresse comme modèle de sérieux religieux (un désir, une pensée, une douleur).

Excerpts

“« l'homme était fait pour l'éternité la femme l'induit dans un aparté »”

“« seuls l'homme peut faire véritablement acte de sacrifices »”

“« elle pleure elle se tait elle ne fait absolument rien »”