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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Antunes, António Lobo

Antunes, António Lobo

romancier et ancien psychiatre

Hors-champs : António Lobo Antunes

Rien ne veut rien dire · Dec 2, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ trente-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance, surtout sur les noms propres, les titres et les questions de l'animatrice)

Core ideas

Un écrivain tout court. Il refuse d'être qualifié d'« écrivain portugais » : la littérature est l'absence de chauvinisme, les problèmes fondamentaux sont toujours les mêmes, et il se dit d'origines mêlées (père brésilien d'une famille de toutes couleurs, mère portugaise). Traduit, dit l'animatrice, dans plus de quatre-vingts langues, ce qui selon lui ne dit rien de la qualité ; il y a la chance. Ses premiers livres furent refusés par plusieurs éditeurs portugais avant de paraître chez une petite maison, puis en France chez Christian Bourgois, avec Jorge Amado, voisin à Paris, comme ami proche. Il a mis longtemps à trouver sa voie et n'a jamais pensé vivre de ses livres.

Psychiatre, délire et écriture. Médecin d'abord (il voulait la chirurgie, trop compétitive ; la dermatologie l'ennuyait, la psychiatrie lui semblait proche de ce qu'il voulait faire) : « un médecin honnête ». Il relativise la normalité (époque, culture : en Afrique les schizophrènes étaient respectés, l'épilepsie « maladie sacrée ») et compare le délire à un édifice logique construit sur une première prémisse erronée, comme un livre. Il n'écrit plus de plans : il fixe une date de début, écrit de neuf heures à une ou deux heures, et avoue une angoisse permanente de ne plus pouvoir écrire, contenté un mois par chaque livre. Un livre « décide » ; sous la fatigue, la « police syntaxique » se relâche. Chaque livre invente une langue, ce qui rend la traduction difficile (il salue son traducteur Dominique Nédellec).

La guerre d'Angola, la poésie, les morts. Mobilisé en Angola, il raconte avoir lu à voix haute La Légende des siècles de Hugo sous les bombardements avec ses camarades : la poésie eut « une utilité immédiate », et l'aida contre le stress post-traumatique. Il évoque son capitaine Ernesto Melo Antunes (idéologue de la révolution des Œillets, entendu dans une archive de 1980), homme courageux, ami, mal compris, et ses Lettres de la guerre à son épouse. Il revient sur la mort de celle-ci d'un cancer, pendant laquelle il écrivit un livre qui allait vite. Il juge l'âge d'or du roman terminé, aime Proust et Céline, Tolstoï, Tchekhov, Pouchkine, et trouve que les écrivains posent trop « pour l'éternité ». Il lit un passage de Mon nom est Légion sur la vieillesse et conclut que personne n'est préparé à mourir.

Excerpts

“« je crois que j'étais un médecin honnête »”

“« je pensais pas avant que la poésie pouvait avoir une utilité immédiate »”

“« on n'écrit pas ce qu'on veut c'est ce qu'on peut »”