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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Landry, Jean-Pierre & Dandrey, Patrick & Ferreyrolles, Gérard & Goyet, Thérèse & Le Brun, Jacques

Landry, Jean-Pierre & Dandrey, Patrick & Ferreyrolles, Gérard & Goyet, Thérèse & Le Brun, Jacques

Landry, Jean-Pierre: universitaire, spécialiste de Bossuet

Dandrey, Patrick: universitaire, spécialiste du XVIIe siècle

Ferreyrolles, Gérard: universitaire, spécialiste du XVIIe siècle

Goyet, Thérèse: universitaire, spécialiste des manuscrits de Bossuet

Le Brun, Jacques: historien des religions

Des extraits du Sermon sur la mort, de l'Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre, du Sermon sur la Providence et du panégyrique de saint François d'Assise sont lus par des comédiens.

BOSSUET (1627-1704) – Une vie, une œuvre [2004]

Rien ne veut rien dire · Jul 1, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

Christine Goémé présente Bossuet comme l'une des plus grandes voix du monde, nourrie de lecture savante et de la fréquentation de la misère comme des puissants. Jean-Pierre Landry retrace sa jeunesse : une famille de parlementaires dijonnais austères, la tonsure à huit ans, le collège de Navarre, le maître Nicolas Cornet qui lui offre sa chaire. Il raconte l'amitié avec Rancé, l'homme du silence face à l'homme de la parole éclatante, et le sermon improvisé à minuit à l'hôtel de Rambouillet. Pour Landry, le tournant est la Méditation sur la brièveté de la vie, écrite à 21 ans, où la vie est un théâtre dont on pourrait rester « derrière ». Le second tournant est la rencontre avec Vincent de Paul : la charité, la pauvreté et la « petite méthode » d'une prédication simple et évangélique. Bossuet en fait une leçon scandaleuse aux courtisans.

Patrick Dandrey voit dans Bossuet le grand poète épique que cherchait son siècle, un visionnaire et un « Victor Hugo du XVIIe siècle ». Il fortifie et embellit son discours par l'Écriture, au risque d'une beauté qui s'exilerait dans l'esthétique. Dandrey analyse l'Oraison funèbre de Madame (« Madame se meurt, Madame est morte ») comme la conjonction de l'instant et de l'éternité, du quotidien de la cour et de la prophétie. Il la rapproche du rite du « fantôme » de cire porté aux funérailles royales, que la pompe italienne remplace alors et dont Bossuet prendrait le relais par le « fantasme » de la parole. Landry rappelle une carrière de prédicateur de cour brève (1660-1669), le carême du Louvre qui déplut par son programme dévot, puis le préceptorat du Dauphin, d'où sortent le Discours sur l'histoire universelle et le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même. Gérard Ferreyrolles montre que l'Histoire universelle suit Augustin mais aussi Thomas d'Aquin. Elle distingue la suite de la religion et la suite des empires, avec une double causalité : Dieu punit Babylone, mais par le stratagème humain de Cyrus détournant l'Euphrate. Elle annonce ainsi Montesquieu.

Thérèse Goyet raconte ses découvertes de notes de lecture sur Platon et Aristote dans les manuscrits, où l'on retrouve « la main » de l'écrivain. Jacques Le Brun décrit, à partir du catalogue de sa bibliothèque, un érudit cartésien qui croit tout résoudre par les textes, et ses limites. Dans ses actes d'abandon, le « je » domine. Bossuet ne pouvait comprendre ni la mystique de la perte de soi, d'où sa violence contre Fénelon, ni la critique biblique de Richard Simon, pour qui l'inspiration se loge dans l'écriture même. Le Brun souligne le paradoxe d'un rationalisme qui, privé de Dieu, ouvrira la rationalité de l'histoire et de la politique. Bossuet meurt « vaincu » en 1704. Landry conclut qu'il faut dépasser le portrait solennel de Rigaud pour trouver dans les sermons une inquiétude et « un admirable tremblement de l'écriture ».

Excerpts

Sermon sur la mort (1662), lu dans l'émission :

“oh Dieu encore une fois qu'estce que de nous si je jette la vue devant moi quel espace infini où je ne suis pas si je la retourne en arrière quelle suit effroyable où je ne suis plus et que j'occupe peu de place dans cet abîme immense du temps”

Patrick Dandrey sur Bossuet visionnaire :

“le 17e siècle a été obsédé de trouver son Homère et son Virgile il cherchait un poète épique [...] mais ce poète ce poète épique celui qui a le don de vision à travers la parole il donc eu c'est bossué [...] une vision du temps pénétré du choc formidable entre l'éternité et et le rien”

Jean-Pierre Landry sur la lecture de Bossuet aujourd'hui :

“nous allons trouver dans les sermons de bossué tout autre chose nous allons trouver une inquiétude nous allons trouver même une fellure nous allons trouver une angoisse [...] il y a me semble-til chez bossué un admirable tremblement de l'écriture quelque chose qui nous dit sans cesse la distance entre ce que nous rêvons d'être et puis ce que nous sommes”