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Trédé, Monique & Frontisi-Ducroux, Françoise & Farnoux, Alexandre & Grosjean, Jean

Trédé, Monique: helléniste

Frontisi-Ducroux, Françoise: helléniste, anthropologue de la Grèce ancienne

Farnoux, Alexandre: archéologue

Grosjean, Jean: poète et traducteur

La productrice est mal restituée (Marie Rolin ?). Un helléniste non nommé, partisan de l'unité de l'Iliade, retrace le déroulement du poème. De longs extraits de l'Iliade sont lus par des comédiens.

HOMÈRE (VIIIe siècle av. J.-C.) : L' Iliade, la divine colère d'Achille – Une vie, une œuvre [1995]

Rien ne veut rien dire · May 1, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

Françoise Frontisi-Ducroux part de l'invocation à la Muse : la création poétique est conçue comme une possession divine, un enthousiasme qui passe du dieu au poète et du poète à l'auditoire. Monique Trédé résume l'action : non pas la guerre de Troie, mais une crise de cinquante-quatre jours, dans la neuvième année, la colère d'Achille privé de Briséis par Agamemnon. Elle note qu'on ne parle pas encore de Grecs mais d'Achéens, de Danaens ou d'Argiens, et que les Troyens compensent leur infériorité numérique par des murailles bâties par les dieux. Pour elle, c'est une guerre intestine, la pire aux yeux des Grecs, où Zeus donne contre l'ordre des choses la victoire aux Troyens. Jean Grosjean relève des dimensions épiques qui restent humaines : Achille boude plus longtemps et tue plus que les autres, sans être un géant. Il voit dans les dieux la part de l'homme qui lui est inconnue, comme une pesanteur contre laquelle on ne peut rien, et des héros qui veulent vivre, à la différence de Gilgamesh.

Trédé refuse de faire de l'Iliade un poème belliciste. C'est un poème de guerre, mais sur fond de compassion et d'estime entre ennemis, où l'on rêve de paix. On s'y bat parce qu'on vit dans une aristocratie guerrière, et, comme le dit Sarpédon à Glaucos, pour mériter ses privilèges et gagner une gloire qui est la seule survie. Alexandre Farnoux raconte la question de l'historicité : la croyance antique, l'hypercritique de Grote, puis Schliemann, enrichi dans l'indigo, fouillant Hissarlik l'Iliade à la main et y trouvant non pas une Troie mais neuf villes superposées. L'helléniste unitariste détaille les quatre journées de bataille : l'ambassade d'Ulysse et d'Ajax refusée, la mort de Patrocle, Achille qui retourne au combat en sachant qu'il en mourra, le duel avec Hector, les jeux funèbres et la réconciliation avec Priam, venu baiser « les mains du meurtrier de [ses] propres enfants ». Grosjean voit dans les épithètes formulaires des repères pour l'écoute orale, qui permettent d'habiter le texte.

Trédé décrit des dieux très humains, partisans des deux camps, qui n'interviennent pas toujours, puisque Zeus laisse mourir son fils Sarpédon. Elle refuse de trancher sur ce qu'ils représentaient pour un Grec de l'époque. Frontisi-Ducroux montre que la Muse est Mnémosyne, une mémoire du passé et des actions divines, qui fait du poète, comme du devin, un aveugle voyant. Farnoux voit dans l'Iliade le précipité, mis par écrit au VIIIe siècle, d'un « continent épique » transmis oralement depuis l'époque mycénienne. Il cite Ismaïl Kadaré, pour qui l'épopée n'existe qu'à l'état gazeux, et la mise par écrit comme le moment où le processus d'enrichissement se fige. Grosjean juge Homère plus neuf que le journal du matin : lire l'Iliade ajoute des années d'expérience humaine. L'unitariste conclut sur l'union du sublime et de la subtilité, avec l'exemple du mot anax, « seigneur », qu'Ulysse glisse dans la liste des présents d'Agamemnon pour faire accepter à Achille la restitution de Briséis. Selon lui, un seul poète de génie a pu écrire les quinze mille vers, comme Balzac ou Proust leur œuvre.

Excerpts

Jean Grosjean sur les héros de l'Iliade :

“c'est des gens qui ont envie de vivre c'est peut-être ça la caractéristique de l'Iliade c'est des gens qu' ont envie de vivre et c'est pas toujours évident dans toutes les épopées”

Monique Trédé sur la guerre dans l'Iliade :

“il est vrai qu'on s'y tue qu'on y meurt que les combats singuliers ou les combats de foule abondent mais ceci sur un fond de compassion de sympathie et d'estime entre ennemis et non pas sur un fond de haine invétérée”

Alexandre Farnoux, citant Kadaré, sur la matière épique :

“l'épopé n'existe pas à l'état solide c'est un n'existe qu'à l'état gazeux c'estàdire que la matière épique c'est avant tout un stock d'histoire dans lequelle vous puisez et puis vous racontez pour votre public et par conséquent en l'adaptant”