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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Prigent, Christian

Prigent, Christian

poète, auteur d'Écrit au couteau, Une phrase pour ma mère, Grand-mère Quéquette et de L'Incontournable

Écrire la poésie (4/5) : Que peut la poésie ?

Rien ne veut rien dire · Dec 10, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance et des passages brouillés)

Core ideas

La poésie comme crise. Prigent refuse les diagnostics de décadence (serpent de mer depuis le XIXe siècle) : l'histoire de la poésie moderne est une suite d'efforts pour comprendre sa « crise », au point que « la poésie aujourd'hui s'identifie tout simplement à la poésie comme crise », mise en crise des langages dominants. Il la définit comme une radicalisation de la question de la littérature, car le poème ne s'occupe que de ce qu'est cette proposition de langage, sans les prétextes narratifs du roman. Il défend ce qu'on appelle hermétisme comme un « effet de vérité » : le monde nous affecte de manière chaotique et obscure, et le poème doit en rendre compte. Il dénonce ce qu'il appelle le « français médiatique primaire », langue de dénominateur commun qui appauvrit l'expérience en perdant la mémoire étymologique.

Folie, voix, prose et poésie. À propos d'Artaud (enregistrement interdit en 1947), il décrit la voix monstrueuse qui sort d'un individu comme l'expérience d'une division entre son comportement social et l'habitation par une puissance de la langue ; il nuance le lien de la poésie et de la folie en rappelant que les perturbations du langage varient selon les troubles. « La poésie peut ce que la prose ne peut pas » : le texte poétique concentre en latence les romans potentiels (Illuminations, Champs magnétiques) sans les développer. Il distingue ses textes en vers, aspirés par un modèle plastique (Écrit au couteau : poteaux gravés, totems), et ses textes en prose, emportés par un modèle musical (la fugue d'Une phrase pour ma mère), qui prennent des années et gagnent sur le temps social.

La langue maternelle. Il reprend Deleuze : la littérature est une agression contre la langue maternelle (« tirer la langue », mot d'enfant, et tirer sur la langue pour la tordre) ; Novalis, lu à l'antenne, incarne au contraire la fusion romantique avec la nature et la mère, que Prigent refuse. Son lyrisme est celui de Céline : emportement du phrasé, non pathos d'adhésion ; il joue sur l'obscène et la jouissance des syllabes, proche des comptines. Il lit le début d'Écrit au couteau (« il suffit d'une mère pour que l'univers vienne vous traire »). Pour sortir de la langue de tous, qui n'est celle de personne, il faut rêver une sortie hors de la langue maternelle, la plus étrangère de toutes.

Excerpts

“« la poésie aujourd'hui s'identifie tout simplement à la poésie comme crise »”

“« ce que j'ai appelé le français médiatique primaire »”

“« tirer sur la langue effectivement tirer sur la langue »”