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Podcasts/Rien ne veut rien dire/[Not Set]

[Not Set]

un docteur ès lettres dont le nom est mal restitué par les sous-titres (« David du Ring »), interrogé par l'animatrice ; extraits lus de Thomas l'obscur et de Bataille (L'Expérience intérieure)

Maurice Blanchot, magicien-philosophe (5/5) : les deux versions de Thomas l'obscur

Rien ne veut rien dire · Jan 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance et des passages brouillés)

Core ideas

Un roman hypnotique. Thomas l'obscur, premier roman de Blanchot dont l'ultime version date de 1950, s'ouvre sur un homme qui nage dans une mer dont les limites se brouillent. Pour l'invité, c'est moins l'écrivain que le lecteur qui plonge, entraîné par les mots, par le langage, au fil des flots : le roman est « hypnotique », avec une intrigue élémentaire mais tissée d'arabesques. La seconde version (1950) supprime près des deux tiers du texte, resserre, découpe les phrases, raccourcit les chapitres. Au chapitre 2, Thomas lit et se sent lu par les mots (« les mots s'emparaient déjà de lui et commençaient de le lire »), ce qui fait du livre un miroir où le lecteur est lu par le texte ; on rapproche l'effet de L'Histoire sans fin, de Tron ou de La Modification de Butor (apostrophe au « vous »).

Thomas, Anne, la mort. Thomas ne cesse de se diluer dans ce qu'il regarde (mer, forêt) et n'a pas de nom de famille ; autour de lui se constitue Anne, présence caressante qui l'enveloppe comme la bogue d'une châtaigne et lui permet d'éprouver ses limites. Le centre philosophique du roman est que Thomas ne peut parler à Anne telle qu'elle est qu'à travers sa mort, pour qu'il devienne sensible à sa présence au monde. La mort n'est pourtant pas effrayante : « personne ne meurt », comme dans la lettre de Levinas (la nuit n'est pas la mort mais l'impossibilité de mourir) ; le lecteur fait une traversée « orphique » des enfers, une expérience de mort de son vivant. Un passage de Bataille (L'Expérience intérieure, 1943), qui cite une scène du roman, montre l'œil qui voit son propre regard comme la mort de toute image.

Imaginaire et symbolique. Pour l'invité, Thomas finit par traverser l'imaginaire (la bogue protectrice) pour entrer dans le monde symbolique des mots ; la mort d'Anne est ce qui ouvre la bogue pour que le marron germe, et le lecteur porte aussi ce deuil. Le roman s'achève sur Thomas prononçant « le seul mot qui eût un sens pour lui » et gardant Anne contre lui. L'animatrice annonce la semaine suivante sur Rome avec Paul Veyne.

Excerpts

“« thomas l'obscur est un roman hypnotique d'une certaine manière »”

“« les mots s'emparait déjà de lui et commencé de le lire »”

“« la mort n'est pas effrayante parce que personne ne meurt »”