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Message, Jacques

professeur de philosophie en classes préparatoires à Amiens, nom légèrement déformé dans les sous-titres

Devenir soi avec Kierkegaard (4/4) : Son post scriptum aux Miettes philosophiques

Rien ne veut rien dire · Mar 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, très fautifs par endroits)

Core ideas

Le post-scriptum et la pseudonymie. Message présente le Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques (1846), d'environ six cents pages pour des Miettes de cinquante, signé sous le pseudonyme de Johannes Climacus, comme un livre à la fois ironique par son titre et sommet de l'œuvre, à mi-chemin de la carrière de Kierkegaard. « Non scientifique » ne veut pas dire hostile à la science positive mais opposé à une philosophie conçue comme système et exposé systématique, hégélien en particulier. Il lit le texte contre le « professeur allemand », qui spécule sans jamais rapporter sa pensée à son existence, et rejette une lecture trop « privée » de l'œuvre : l'expérience personnelle de Kierkegaard (père, fiançailles) nourrit le texte, mais elle est destinée à être partagée par tout être humain.

La subjectivité est la vérité. Message commente la thèse du texte (« la subjectivité, l'intériorité est la vérité »), qui n'est pas un subjectivisme : ce qui est subjectif n'est pas particulier, c'est la tâche de tout existant de se rapporter à lui-même avec passion, c'est-à-dire avec un intérêt infini pour sa félicité éternelle. La passion est le signe de l'intériorité, non un emportement irrationnel. L'extrait de Ridicule (un personnage prouve l'existence de Dieu puis déclare pouvoir démontrer le contraire) illustre le raisonnement sans enjeu existentiel ; la figure de Don Quichotte montre une « folie subjective » mais généreuse, comparée à la folie de l'objectivité du professeur. L'incertitude de Socrate, qui engage sa vie sur la possibilité de l'immortalité, est la « miette de l'incertitude » : une condition de la vérité plutôt qu'un défaut.

Ironie, humour, stades et christianisme. Message distingue l'ironie (mise à distance critique, décapante, qui ôte les idoles) et l'humour (position de celui qui sourit d'avoir compris, qui prépare au religieux). Il présente l'œuvre comme une « encyclopédie des sciences existentielles, éthiques et religieuses », répond à l'animateur que les stades ne se dépassent pas simplement : le christianisme est pour Kierkegaard une « religion impossible » (imitation du Christ, paradoxe de l'éternel dans le temps) et l'éthique, qui suppose l'autonomie du sujet, pourrait être le seul stade qui garde un rapport à soi, ce qui montre le risque de confondre la relation au christianisme avec une relation esthétique. Il annonce le colloque de Cerisy consacré à Kierkegaard.

Excerpts

“« la subjectivité l'intériorité est la vérité telle est ma thèse »”

“« ce qui est subjectif n'est pas particulier »”

“« le christianisme est une religion impossible »”