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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Milner, Jean-Claude

Milner, Jean-Claude

philosophe et linguiste, auteur du Périple structural

Albert Camus, les années 'Combat' (5/5) : Du journaliste-critique au règne du journal

Rien ne veut rien dire · Apr 1, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-sept minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; plusieurs phrases sont difficiles à reconstituer et ne sont pas reprises)

Core ideas

L'oubli de la Résistance. Milner explique que la parenthèse de la Résistance s'est vite refermée : la société française a demandé à oublier, les politiques de la IVe République (gaullistes et communistes se présentant comme gardiens de la mémoire, partis traditionnels) ont organisé l'oubli, la guerre froide, puis la guerre d'Algérie ont imposé d'autres urgences, et les intellectuels (Sartre davantage que Camus) y ont répondu dans des conditions précaires. Camus et Pia, par haine des partis, ont refusé de prendre parti dans les éditoriaux aux échéances électorales, et ont perdu leurs lecteurs.

Révolution, transaction et « gouvernement du rien ». Pour Milner, la vie politique française de gauche se définit par l'horizon de la révolution : l'idée que la révolution peut et doit transiger avec le monde parlementaire, et réciproquement ; le Parti communiste est lui-même une forme de transaction ; le gaullisme a fait de même entre le système parlementaire et l'idée nationale, d'où ce que Malraux a résumé par la formule selon laquelle il n'y avait « rien » entre les communistes et le RPF : le « gouvernement du rien » de la IVe République. Il cite Camus : « la vie n'est rien sinon l'obligation de continuer ». Selon lui, plus les événements sont graves, moins les changements sont palpables : une société retrouve le point de changement minimal.

Le journal contre l'intellectuel. En 1945-47, Combat et Les Temps modernes voulaient échapper au « Journal » au sens de Mallarmé, comme une continuation de la Résistance par d'autres moyens, et ont largement échoué. Milner décrit aujourd'hui « le complexe administrativo-journalistique » : les journalistes se comportent en instruments officieux de l'État, et les hauts fonctionnaires ne reconnaissent comme interlocuteurs que les journalistes, ce qui a fait disparaître la position de l'intellectuel capable de dire « honte à vous ». Le mot « révolution » a perdu sa force : « c'était la coïncidence entre le maximum d'action et le maximum d'intensité de la pensée », aujourd'hui disjoints, avec des actions violentes accompagnées d'un minimum de pensée.

Excerpts

“« le complexe administrativo journalistiques »”

“« mot de révolution a perdu sa force »”

“« c'était la coïncidence entre le maximum d'actions et le maximum d'intensité »”