Farago, France
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Core ideas
Le moi comme relation. Farago rappelle la définition de La Maladie à la mort : l'homme n'est pas un animal rationnel mais un esprit, « le moi est un rapport entre l'âme et le corps qui se rapporte à lui-même », c'est-à-dire une structure dynamique et réflexive, jamais une identité abstraite ni une substance. L'existence est donnée sous la forme du devenir, et l'esprit doit se nourrir de la force qui l'a posé dans l'être : le désespoir est un état de séparation d'avec cette source, une famine spirituelle, et Lazare (« cette maladie n'est pas pour la mort mais pour la gloire de Dieu ») est la figure de l'homme libéré du péché, mort de l'esprit et non mort biologique. Les stades esthétique, éthique et religieux ne sont pas chronologiques : ils peuvent coexister, le religieux n'éliminant pas les autres, et l'esthétique n'est mauvais que lorsqu'on s'enferme dans l'immédiateté.
Le père, Abraham et Régine. Les stades sont présents dès les premiers Journaux (vingt à trente ans). Farago évoque le « secret » du père, immigré du Jutland qui avait maudit Dieu enfant, fait fortune à Copenhague, épousé la servante peu après la mort de sa première femme alors qu'elle était déjà enceinte, et vécu la mort de ses enfants comme un châtiment divin ; Kierkegaard apprend ce secret un soir où son père revient ivre. Cela donne un ton personnel au récit du sacrifice d'Abraham : renoncer à Régine Olsen revient à sacrifier l'immédiateté, tout comme Isaac, mais le sacrifice d'Isaac est aussi un non-sacrifice. L'invitée écarte les lectures psychanalytiques et note que Kierkegaard avait des échanges avec des Juifs sur la ligature d'Isaac.
Sartre, contemporanéité, amour. L'extrait de Sartre (« je me découvre comme existant irréductible », la contemporanéité des morts et des vivants) fait réagir Farago : la pensée de Kierkegaard ne vise pas à comprendre le moi comme source de tout concept mais à accéder, par la métaphore et la figure, à une source indicible ; la contemporanéité qui compte est celle de chacun avec le Christ, et son face-à-face constant avec Hegel vient de la crise de la lecture historico-critique de la Bible. Contre Blanchot, qui verrait là un monde d'où la lumière divine s'est retirée, elle lit un extrait des Œuvres de l'amour (source secrète de l'amour, comme la lumière dont on ne doit pas se retourner pour voir l'origine) et rappelle que, dans les Miettes philosophiques, Dieu est mouvement parce qu'il est amour, relation trinitaire, et que l'homme s'accomplit en entrant dans cette vie relationnelle.
Excerpts
“« le mois est une structure dynamique et réflexive »”
“« ce n'est pas une maladie pour la mort c'est une maladie pour la gloire de dieu »”
“« cette pensée est ma vie »”