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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Guyaux, André & Brossard, Raphaël & Maillard, Pascal & Jambet, Christian & Thélot, Jérôme & Milner, Max & Avice, Jean-Paul

Guyaux, André & Brossard, Raphaël & Maillard, Pascal & Jambet, Christian & Thélot, Jérôme & Milner, Max & Avice, Jean-Paul

Guyaux, André: universitaire, spécialiste de Baudelaire

Brossard, Raphaël: lecteur de Baudelaire

Maillard, Pascal: universitaire, spécialiste de Baudelaire et des images

Jambet, Christian: philosophe

Thélot, Jérôme: universitaire, auteur de Baudelaire, violence et poésie

Milner, Max: universitaire, spécialiste des Paradis artificiels

Avice, Jean-Paul: universitaire, co-organisateur de l'exposition « Baudelaire, Paris »

Des textes de Baudelaire, d'Yves Bonnefoy, de Proust, de Gautier et de Jules Levallois sont lus par Bernard Brieux ; la présentation et le rôle exact de Raphaël Brossard ne sont pas précisés dans la transcription.

CHARLES BAUDELAIRE (1821-1867) – Une vie, une œuvre [1999]

Rien ne veut rien dire · Jul 7, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

André Guyaux cite le mot de Walter Benjamin pour qui rien n'a vieilli chez Baudelaire. Il en cherche la raison à la fois dans le culte de la forme, dans une intelligence très pure et dans l'invention d'un monde moderne dont nous vivons les prophéties. Benjamin lut la fusée « Le monde va finir » au seuil de la guerre. Raphaël Brossard part du nom du poète, le « baudelaire » étant une épée en héraldique, pour lire la poésie comme une « fantasque escrime » et un duel avec soi-même. Il évoque les deux substituts paternels après la mort du père, le demi-frère magistrat et le beau-père militaire Aupick, et l'insurgé de 1848 qui criait d'aller fusiller le général. Pascal Maillard insiste sur le père, peintre médiocre et prêtre défroqué dont le portrait muet accompagne Baudelaire. Les images sont liées à la mort et à l'objet perdu. Il commente une « peinture-écriture » qui donne au vers une puissance optique, l'art des images comme amour du mensonge, et l'aperçu du danger d'images qui ne parlent plus (« tout pour l'œil, rien pour les oreilles »).

Christian Jambet lit « Les Bijoux », pièce condamnée, comme la conjonction de l'idéal platonicien et de l'instant épicurien. L'extase des bijoux est rompue par une scène sexuelle où le corps, en objets partiels, déloge l'âme de son « rocher de cristal ». Derrière les signes de la beauté se devine la charogne. Jérôme Thélot explique le catholicisme de Baudelaire : l'expérience d'une force méchante qui nous gouverne, une sensibilité religieuse passée par le culte des images, un désir jamais innocent contre Rousseau. Le péché originel serait peut-être la possibilité pour la parole de mentir. Max Milner situe les Paradis artificiels dans la mode orientaliste du haschich étudié par Moreau de Tours. Il y voit un texte de moraliste, écrit en revanche après la condamnation des Fleurs du mal : la drogue imite l'extase poétique sans le travail ni la souffrance, et supprime la culpabilité qui porte vers l'infini. Brossard retrouve déjà l'œuvre dans les lettres d'enfance, comme le phénakistiscope qui reparaîtra dans « Morale du joujou ».

Jean-Paul Avice montre que Baudelaire a fait de Paris un lieu d'amour et d'écriture, contre les romantiques qui célébraient la nature. Les deux projets d'épilogue s'adressent à la capitale, l'un sous le regard de Satan, l'autre sous celui des anges (« tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »). Dans « Le Cygne », le Louvre est le seul lieu nommé. Le temps de la ville d'Haussmann s'y sépare de celui de la mélancolie, sans nostalgie, puisque Baudelaire découvre au même moment la jubilation du neuf chez Constantin Guys. Thélot raconte la fuite en Belgique comme une manière de « se quitter soi-même ». Baudelaire y renie Rubens et voit au musée un martyre de saint Liévin à la langue arrachée, avant de s'effondrer à Saint-Loup de Namur et de devenir aphasique. Maillard conclut sur le baroque, l'« antiquité nouvelle » et le palimpseste : Baudelaire est moderne parce qu'il récapitule toutes les temporalités.

Excerpts

Pascal Maillard sur le portrait du père :

“dans une lettre à sa mère qui date de 1861 baudler écrit ceci qui me semble décisif je suis seul sans amis sans maîtresse sans chien et sans chat à qui me plaindre je n'ai que le portrait de mon père qui est toujours muet [...] les images pour baudeler ont toujours entretenu un rapport avec la mort c'est cette absence qui git au fond d'elle et qui renvoie toujours un objet perdu”

Jérôme Thélot sur le désir chez Baudelaire :

“il ne pense pas que le désir soit innocent c'est sa grande cerelle contre Rousseau ce serait sa grande querelle contre beaucoup d'entre les modernes d'aujourd'hui il pense au contraire qu'il y a de la violence à l'intérieur du désir et c'est cela le péché originel”

Jean-Paul Avice sur Baudelaire et Paris :

“son courage est de revenir à la ville à chaque fois qu'il la quitte et et la ville et à la fois la métaphore de l'écriture et à la fois le lieu de la vie de l'ici et du maintenant du présent de l'éternité du fugitif [...] c'est une véritable histoire d'amour comme le montrent les deux projet d'épilogue qui se joue entre baudler et et Paris”