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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Simonin, Michel & Deguy, Michel & Ménager, Daniel & Bellenger, Yvonne & Gendre, André

Simonin, Michel & Deguy, Michel & Ménager, Daniel & Bellenger, Yvonne & Gendre, André

Simonin, Michel: universitaire, biographe de Ronsard

Deguy, Michel: poète, directeur de la revue Po&sie

Ménager, Daniel: universitaire, spécialiste de la poésie de la Renaissance

Bellenger, Yvonne: universitaire, spécialiste de la Pléiade

Gendre, André: universitaire, spécialiste de la poésie du XVIe siècle

Christine Goémé interroge les invités ; les poèmes de Ronsard sont lus par Philippe Moreau.

PIERRE DE RONSARD (1524-1585) – Une vie, une œuvre [1998]

Rien ne veut rien dire · May 14, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Michel Simonin ouvre sur la mort de Ronsard au prieuré de Saint-Cosme. Dans la fièvre et sous l'opium, il dicte ses derniers vers (« Il faut laisser maisons et vergers et jardins »). L'oraison funèbre de Du Perron rapporte même l'apparition d'un « homme noir », signe d'une foi simple et orthodoxe. Michel Deguy explique comment un poète d'aujourd'hui lit Ronsard. Le « patron » de la Pléiade excellait dans les grands genres, épopée, éloge et discours aux princes, aujourd'hui effondrés, au point qu'il ne reste presque que le lyrique. Deguy retient pourtant l'engagement du poète dans les guerres de religion et le grand projet de rivaliser avec les Italiens dans la langue vulgaire. Simonin montre un poète qui pense très tôt une œuvre comme un « bâtiment », hanté par l'immortalité, par Homère et Virgile, et par la perte des lyriques grecs. Yvonne Bellenger replace son esthétique dans le maniérisme, une abondance contre le vide. André Gendre insiste sur l'imitation, ascèse et rivalité plutôt que faiblesse, chez des poètes nourris des Anciens et de Pétrarque, et sur Ronsard traducteur d'auteurs rares avec Dorat.

Simonin retrace les origines : une famille de serviteurs du roi, une généalogie fabuleuse remontant au Danube, un père lettré, ami de Bayard et des rhétoriqueurs, qui fait graver du grec à la Possonnière. Page du dauphin François, mort brutalement, puis de Charles d'Orléans, Ronsard voyage en Écosse et en Allemagne pour une carrière diplomatique, avant une surdité dont la portée est surtout symbolique, comme la cécité d'Homère. Daniel Ménager décrit son rapport rugueux aux rois. Il est un donneur de leçons dans la ligne d'Érasme et conçoit une monarchie quasi métaphysique, image de l'ordre divin et cosmique. Ménager explique ainsi les fêtes de cour en pleine guerre civile, le grand tour de Charles IX et les ballets. La danse, imitation de l'ordre des astres, est un rituel pour faire revenir la paix, comme la volte de La Charite. Simonin raconte l'entrée calculée en poésie : rumeur, changements d'éditeurs, passage d'un genre à l'autre, recueils gaillards sous l'anonymat, et des Œuvres sans cesse retravaillées jusqu'à la mort, en « authentique professionnel ».

Sur la poésie amoureuse, que l'école réduit à « Mignonne, allons voir si la rose », Bellenger lit les Amours de Cassandre : décasyllabes coupés 4/6, mouvement, chevelure vivante et métamorphoses, comme le sonnet où le poète voudrait se changer en pluie d'or, en taureau puis en Narcisse. Avec Marie, une paysanne de Bourgueil, viennent l'alexandrin et un style « bas ». Les invités se demandent si le style n'a pas inventé les femmes. Deguy revient sur la Pléiade comme prototype d'école à manifeste et sur la Défense et illustration, qui fait comme les Anciens en n'écrivant plus comme eux. Il y voit le début d'une querelle des Anciens et des Modernes qui court jusqu'au surréalisme, et voit en Du Bellay l'inventeur d'un lyrisme du « rien », du regret. Ménager évoque la Franciade inachevée et la nation comme vouloir-vivre ensemble. Pour les Sonnets pour Hélène, adressés à Hélène de Surgères, Bellenger souligne une passion « prise en gré » par choix et une dame qui, pour la première fois, répond qu'elle refuse l'amour. Gendre conclut sur la variété et le mouvement continuel de l'œuvre.

Excerpts

André Gendre sur la théorie de l'imitation :

“n'imaginons pas l'imitation comme une faiblesse c'est au contraire une sorte d'ascèse l'envoi du 16e siècle est une sorte au fond de deux défis le poète du 16e siècle admire à ce point les poètes antique où les poètes de la renaissance italienne comme pétrarque qu'il veut au fond rivaliser avec eux en les imitant”

Daniel Ménager sur la danse de cour :

“c'est pas simplement de proposer des figures gracieuse c'est d'imiter l'encore d'autres danses qui sont des danses on peut le gac cosmique les étoiles [...] donc danser trouver de beaux pas de danse c'est imiter l'ordre du monde et si on imite l'ordre du monde alors on peut se reprendre à espérer”

Michel Deguy sur la Défense et illustration :

“il s'agit vous en souvenez d'un paradoxe magnifique c'est à dire faire comme les anciens en ne faisant plus comme eux c'était de ne plus écrire en latin ni en grec mais inventer une origine comme ils ont été capables d'inventer c'est-à-dire par fidélité leur être à fidel”