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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Sarrazin, Bernard

Sarrazin, Bernard

essayiste, auteur de Le Rire et le sacré

Le rire et le sacré (5/5) : Le rire après la mort de Dieu

Rien ne veut rien dire · Jan 30, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quinze minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance ; les textes lus sont résumés sans citation littérale)

Core ideas

Deux rires, deux sacrés. L'émission part de l'idée qu'il n'y a pas de rire sans sacré ni de sacré sans rire. Pour Sarrazin, le rire est l'envers du sacré : il désacralise, il est sacrilège et iconoclaste, mais l'accent mis sur ce côté négatif correspond à une problématique judéo-chrétienne : dans les mythes païens, le rire est du côté du chaos et de la création, il participe à la vie comme la mort. Il y a donc deux rires, le rire désacralisant et le rire sacral. Le christianisme, qui s'était servi du rire iconoclaste contre les idoles, s'en méfie dès qu'il se retourne contre lui et en fait la part au rire païen par le carnaval ; l'âge classique le fait disparaître (interdits ecclésiastiques, raison qui distingue haut et bas).

Après la mort de Dieu. À partir du romantisme allemand (Jean-Paul Richter) émerge un rire ambigu, à la fois libérateur et angoissé, mêlant tragique et comique (humour noir, grotesque) ; Baudelaire en fait la théorie, avec le « comique absolu », rire de tout l'être, métaphysique et physique, celui du clown. À la fin du siècle, Ubu de Jarry remplace Dieu par un clown violent, tandis que le Jarry de La Passion considérée comme course de côte neutralise tout en transformant la Passion en épreuve sportive (les chutes de Jésus, Véronique et son Kodak). Bataille voit dans le rire un sacré de transgression « glacé », un rire à mort ; Kafka (le souci du père de famille, Odradek) invente un rire sans rire : « c'est un rire qui ne fait pas rire » ; Beckett (Godot, L'Innommable) fait un rire de la déréliction, une farce métaphysique qui joue avec les fantômes d'une religion disparue.

Woody Allen, Warhol, rire médiatique. Woody Allen incarne un rire hésitant, juif et athée, libératoire et anxiogène : il s'inscrit dans le discours biblique où un Dieu transcendant se trouve aux prises avec le trivial, comme dans sa parodie de Job où le Seigneur frappe Job, le jette dans de la béchamel et se fait attraper par le cou. Chez Andy Warhol, le sacré semble éliminé, avec un humour de la platitude. Le rire actuel va donc entre un rire brutal qui fait s'entrechoquer le tragique et le comique et une dérision neutre qui mène à l'insignifiance, comme dans le rire médiatique préenregistré des émissions.

Excerpts

“« pas de rire sans sacré ni de sacré sans rire »”

“« on a donc deux rires très différents qui semble-t-il qui sont le rire désacralisant et puis le rire sacral »”

“« c'est un rire qui ne fait pas rire »”