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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Teyssèdre, Bernard & Marty, Éric

Teyssèdre, Bernard & Marty, Éric

Teyssèdre, Bernard: auteur d'Arthur Rimbaud et le foutoir zutique, Léo Scheer

Marty, Éric: professeur de littérature contemporaine, auteur de Pourquoi le XXe siècle a-t-il pris Sade au sérieux ?, Seuil

Les bohèmes de Rimbaud (2/5) : Rimbaud/Verlaine

Rien ne veut rien dire · Dec 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

La rencontre et le couple. Teyssèdre rectifie la vulgate (adolescent pervers et ivrogne lâche) : Verlaine, né en 1844, a plus de dix ans de plus que Rimbaud (1854) et a déjà publié trois recueils quand il le rencontre ; Charles-Auguste Bretagne, fonctionnaire des contributions à Charleville, sert d'intermédiaire. Rimbaud, qui arrive à Paris fin septembre 1871 avec sa lettre et peut-être Le Bateau ivre, est présenté au dîner des Vilains Bonshommes, où Léon Valade note : « c'est un génie qui se lève », et introduit par Verlaine au cercle zutique de Charles Cros. Chronologie : installation à Paris (janvier 1872), renvoi à Charleville (mars), retour (mai), départ pour la Belgique puis Londres (juillet-septembre 1872), coup de pistolet de Bruxelles (10 juillet 1873) ; Verlaine, qui rédigera ensuite Les Poètes maudits (1883), est lâche et soumis dans ses lettres, mais aussi alcoolique et pourvoyeur de haschich ; Rimbaud manipule et dépend de son aide.

L'Album zutique : un geste politique. L'Album zutique est « une sorte de carnet de bord » d'un groupe de poètes et de peintres (Cros, Valade, Cabaner, André Gill), très politisé à gauche, nommé d'après le « zut » de Balzac, où l'on écrit tout ce qui peut offusquer les bourgeois. Le sonnet « L'Idole » (« Sonnet du trou du cul »), quatrains de Verlaine et tercets de Rimbaud, joue avec le Sonnet des voyelles, parodie Albert Mérat (« L'Idole ») et ne se réduit pas à l'homosexualité masculine ; les « Conneries » de Rimbaud, au fiasco de Paul, se moquent de Verlaine. L'obscénité y a plusieurs fonctions : le plaisir de la farce, la révolte de l'adolescent contre la répression sexuelle de Charleville (collège-séminaire, mère dévote, la « pollution de soi »), l'anticléricalisme (Dupanloup, Veuillot, ordre moral, école gratuite et laïque) à l'époque où la République a failli retomber sous la monarchie. Verlaine, qui tenait un bureau de censure de la presse sous la Commune, n'était pas si lâche.

Marty et Sade, Portelli et la torture. Dans le journal, Éric Marty explique que le XXe siècle (Adorno, Klossowski, Bataille, Blanchot, Foucault, Deleuze) a pris Sade « au sérieux », sans rire (contre le gros rire de Flaubert), voyant en lui le réel du mal, contre les « gamineries du bien » ; plusieurs, dont Blanchot et Foucault, ont ensuite reculé. Serge Portelli, dans Pourquoi la torture ?, rappelle que l'histoire de la torture est une longue liste d'exceptions concédées pour le plus grand bien (Jack Bauer) et plaide pour une condamnation catégorique.

Excerpts

“« c'est un génie qui se lève »”

“« l'album zutique c'est une sorte de carnet de bord où un groupe de poètes »”

“« l'album zutique est un geste politique »”