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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Brugière, Bernard

Brugière, Bernard

angliciste, spécialiste de la littérature élisabéthaine

Le générique cite deux autres anglicistes dont les noms sont trop déformés pour être restitués avec certitude : une spécialiste de la vie et du roman de Sidney et un spécialiste de la poésie anglaise qui commente longuement les sonnets et la Défense de la poésie. Des sonnets d'Astrophel and Stella, des extraits de la Défense de la poésie et une lettre de Sidney sont lus par des comédiens, et une productrice non nommée assure les transitions.

PHILIP SIDNEY (1554-1586) – Une vie, une œuvre [2007]

Rien ne veut rien dire · Feb 23, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne ; l'attribution des propos entre les trois intervenants est souvent incertaine.

Core ideas

Les intervenants retracent la vie brève de Philip Sidney (1554-1586), modèle du courtisan élisabéthain. Il est le filleul de Philippe II d'Espagne et le neveu de Leicester. Son père gouverne l'Irlande et le pays de Galles, et sa mère reste défigurée après avoir soigné Élisabeth de la variole. Il étudie à Oxford, puis fait un long grand tour : à Paris, il est nommé gentilhomme de la chambre du roi, Henri Estienne lui dédie une édition du Nouveau Testament, et il échappe à la Saint-Barthélemy. Auprès d'Hubert Languet, il épouse le projet d'une ligue protestante européenne. Malgré son charisme, il n'est pas un favori de la reine. Il ne la flatte jamais dans ses vers, s'oppose ouvertement à son projet de mariage avec le duc d'Alençon, et se retire volontiers à Wilton auprès de sa sœur, la comtesse de Pembroke, elle-même poète. Ambassadeur auprès de Rodolphe II, puis gouverneur de Flessingue dans la guerre des Provinces-Unies contre l'Espagne, il meurt à 32 ans d'une blessure reçue au siège de Zutphen. Ses funérailles somptueuses ont peut-être servi à faire oublier l'exécution de Marie Stuart. Un intervenant souligne aussi une violence latente, illustrée par une querelle avec le comte d'Oxford sur un court de tennis et par une lettre où Sidney menace de son poignard le secrétaire de son père.

Astrophel and Stella transpose sa passion pour Penelope Devereux, sœur du futur comte d'Essex, un mariage projeté puis abandonné avant qu'elle ne soit mariée à Lord Rich, sur le nom duquel Sidney fait des jeux de mots. Les intervenants y lisent un néoplatonisme où la beauté de la femme mène à la beauté divine, et une passion sans consommation charnelle. Un intervenant relève que les 108 sonnets et 11 chansons font écho aux 108 prétendants de Pénélope et aux 120 mois de l'errance d'Ulysse. Il voit dans le cycle la première séquence anglaise qui prend pour sujet le sujet passionné lui-même : le cavalier qui se rêvait maître de sa monture se retrouve, comme le mauvais cheval du Phèdre, monté par l'Amour. Le monde (Turcs, Irlande, Pologne) cesse d'exister pour l'amoureux. La poétique est faite d'antithèses, d'oxymores et d'un distique final où se concentre la pointe, mais aussi d'une simplicité directe, résumée par le premier sonnet : « regarde dans ton cœur et écris ». Sidney acclimate durablement Pétrarque en Angleterre, avec le détachement de celui qui en reprend les lieux communs tout en les mettant à distance. Une intervenante insiste sur les chansons intercalées, qui font de ces tourments un contre-exemple didactique et montrent la violence d'un désir qui « doit être tué ».

La Défense de la poésie, publiée en 1595, est présentée comme la première grande œuvre de critique littéraire anglaise. Elle s'ouvre sur un prologue ironique où un écuyer italien de la cour impériale fait l'éloge de l'équitation, si bien que Sidney aurait presque souhaité être cheval, avertissement contre l'amour-propre de quiconque vante son art. Sidney y répond aux accusations portées contre la poésie, réinterprète le bannissement de Platon et prend ses distances avec Aristote : la poésie n'est pas imitation mais recréation supérieure du réel. Il la tient à la fois pour divine et pour un travail d'artisan. Enfin, l'Arcadie est présentée comme le premier roman anglais. La première version est comique, avec ses travestissements et ses identités sexuelles brouillées. La Nouvelle Arcadie, plus sombre et religieuse, est écrite au moment où Sidney traduit les Psaumes. Selon une intervenante, son héroïsme chrétien féminisé, dont l'héroïne Pamela s'inspirerait de Jane Grey, la « reine de neuf jours », fait de Sidney une figure presque féministe et annonce la Pamela de Richardson.

Excerpts

Un intervenant sur le sonnet où le monde disparaît derrière la passion :

“dans ce sonnet là il y a le monde entier il y a le monde entier les événements qu'ils interpellent et qui font que lui le favori celui qui est en cours on ne cesse de lui poser des questions sur les turcs sur les irlandais sur les espagnols qu'est-ce qu'il dit contraint par les bonnes manières je réponds mais quelque part tout ceci rien de tout ce qui m'envient [...] le monde extérieur a cessé d'exister”

Un intervenant sur la poésie comme recréation dans la Défense de la poésie :

“il nous dit aristote toujours vu dans la poésie limitation de la nature et bien moi je pense que la poésie est supérieur à l'imitation la poésie relève et procède d'une forme de création d'une forme de recréation ça n'est pas l'imitation plate du réel mais c'est d'offrir quelque chose qui est infiniment supérieur au real”

Le prologue équestre de la Défense de la poésie, lu dans l'émission :

“il ajouta alors certaines louanges en nous expliquant que le cheval n'avait pas son pareil qu'il était le seul courtisans efficace incapable de flatterie que chez cet animal la beauté la fidélité le courage et bien d'autres qualités sont insurpassable à tel point que si je n'avais pas été quelque peu logicien par le passé je crois qu'il aurait fini par me faire regretter de ne pas être un cheval”