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Goldstücker, Eduard & Fleischmann, Ivo & Robert, Marthe & Askénazi, Joël

Goldstücker, Eduard: germaniste tchèque, organisateur du colloque Kafka de Liblice en 1963

Fleischmann, Ivo: écrivain et diplomate tchèque

Robert, Marthe: critique et traductrice de Kafka

Askénazi, Joël: spécialiste de la Kabbale

Des textes de Kafka (« Le Terrier », « Un message impérial », Lettre au père, La Colonie pénitentiaire, La Métamorphose, « Devant la loi », « Un champion de jeûne », Le Château, « Un croisement », lettres à Milena) sont lus par des comédiens, parfois en allemand et en tchèque.

FRANZ KAFKA (1883-1924) – Une vie, une œuvre [1987]

Rien ne veut rien dire · Feb 3, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Eduard Goldstücker raconte comment, revenu des prisons staliniennes en 1956, il a voulu réhabiliter Kafka, « non-personne » accusé de décadence bourgeoise dans le bloc soviétique. Le colloque de Liblice en 1963 conclut que ces accusations étaient fausses. Ivo Fleischmann rappelle que Kafka est un écrivain du royaume de Bohême et non de la Tchécoslovaquie : de langue allemande pour des raisons sociales, dans une Prague où la frontière était d'abord linguistique, d'un père juif tchèque et d'une mère germanophone. Il décrit une enfance passée sur quelques hectares de la vieille ville, entre l'ancien ghetto, la synagogue Vieille-Nouvelle, la légende du Golem, la boutique paternelle du palais Kinsky et la Ruelle d'or des alchimistes de Rodolphe II. Il évoque aussi l'employé d'assurance consciencieux qui visitait les ouvriers des faubourgs. Pour Fleischmann, les textes de Kafka ressemblent étrangement à ceux des auteurs tchèques qu'il connaissait peu, en vertu d'un « génie du lieu » : une culture métaphysicienne où chaque détail compte.

Marthe Robert analyse la Lettre au père, écrite à 36 ans. Hermann Kafka, géant sorti de la misère de Moravie, y devient un ogre, et l'enfant se dit terrorisé et rongé de culpabilité. Le reproche central n'est pas une orthodoxie trop stricte mais l'incapacité à transmettre un judaïsme vivant. Kafka, athée et attiré par l'anarchisme de Kropotkine, se prend de nostalgie pour le judaïsme de l'Est, celui des petits réfugiés polonais ou de la troupe de théâtre yiddish de 1911, et rêve de Palestine sans jamais y aller. Goldstücker décrit les deux antisémitismes pragois, tchèque et allemand, puis l'antisémitisme racial des universités. Il voit en Kafka un homo per se, comme Érasme, irréductible à tout « isme ». Selon lui, sa quête d'une « loi perdue » exprime un sentiment universel de la modernité. Joël Askénazi rapproche « Devant la loi » des quatre niveaux d'interprétation de la Kabbale, où le sens dernier est si secret qu'il devient inaccessible. Il rappelle que dans le judaïsme la souffrance ne rachète pas et voit chez Kafka le drame de « se sentir coupable d'être innocent ».

Pour Marthe Robert, la littérature est devenue la religion de Kafka, avec ses doutes : des romans inachevés, une répugnance à publier, le dilemme « écrire ou vivre ». Elle explique qu'il avait le sentiment d'avoir « volé » la langue allemande. Il en a fait une prose neutre, proche de l'allemand de chancellerie de l'ancienne monarchie, comme écrite sur ses papiers d'état civil. Elle relie l'insomnie, le refus de la médecine, le jeûne et la tuberculose déclarée en 1917, après cinq ans de fiançailles avec Felice Bauer, à un conflit spirituel. Elle souligne aussi l'usage ironique des formes classiques, fable, chronique et légende, à l'écart de l'expressionnisme. « Un croisement », bête mi-chat mi-agneau reçue en héritage, symbolise une identité divisée. Goldstücker termine sur la réception tchèque, de Milena Jesenská et des éditeurs catholiques à la traduction du Château détruite en 1939. En France, il distingue trois vagues : surréaliste avec Breton, existentialiste, puis une lecture sans grille idéologique depuis les années 1960.

Excerpts

Eduard Goldstücker sur la loi perdue :

“il essaie de recréer de nouveau la connexion vivante avec l'esprit de la communauté vivante de la se développa chez lui la notion de la loi la loi perdue la loi qu'on doit chercher et de là c'est le point où Kafka est une influence universelle”

Marthe Robert sur le judaïsme non transmis :

“en général on voit le fils se révolter contre une orthodoxie trop stricte et trop contraignante c'est pas du tout ce qui se passe chez Kafka ce qu'il reproche à son père justement c'est d'avoir été incapable de lui transmettre un judaïsme vivant”

Marthe Robert sur le dilemme de Kafka :

“on peut dire que pour Kafka c'était écrire ou vivre c'est-à-dire écrire sans vivre ou vivre sans écrire il ne concevait pas que les deux fussent possibles pas ça c'est absolument capital et c'est ce qui a fait son [Musique] malheur”