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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Ponton, Olivier

Ponton, Olivier

philosophe, auteur de Nietzsche, une philosophie de la légèreté

Respiration Nietzsche (5/5) : Entrainement à l'éternel retour

Rien ne veut rien dire · Mar 24, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; plusieurs phrases sont tronquées)

Core ideas

Un exercice spirituel, non une thèse. Ponton écarte les contresens : l'éternel retour n'est pas une thèse physique, cosmologique ou métaphysique sur l'être, mais « une pensée qui a pour vocation de changer la vie », de transformer l'existence, davantage un exercice spirituel qu'une doctrine. Nietzsche parle d'« incorporation » : la pensée doit s'enfouir dans la vie pulsionnelle jusqu'à devenir spontanée. Dans le Gai savoir (341, « le poids le plus lourd »), un démon demande : voudrais-tu cette vie, telle qu'elle est, encore une fois et d'innombrables fois ? Si l'amour de la vie est insuffisant, la pensée est insupportable ; s'il suffit, elle devient un « évangile », une bénédiction. L'éternel retour porte d'abord sur ce que je vais vivre, non sur le passé : il demande de reconfigurer ma relation à l'avenir, de désirer d'avance ce qui arrivera.

Esthétique de l'existence, légèreté. Le Gai savoir oppose une esthétique tragique (donner un sens à la vie) et une esthétique comique (rire de l'absurdité de la vie) et oscille entre les deux ; Nietzsche reproche au « monotonothéisme » de ne justifier qu'un type d'existence, et loue le polythéisme. La légèreté n'est pas un état mais « une aptitude » : supporter le poids le plus lourd, ce qui accède au plus léger (Zarathoustra, « esprit de pesanteur »). Ponton répond à l'objection du bourreau (aimer tout ce qui existe, donc le bourreau) : la pensée vise d'abord l'idéalisme, qui ne supporte pas le monde tel qu'il est et en pose un autre ; elle n'est pas conservatrice mais concentre l'investissement dans l'instant ; le désir comme excès, non comme manque (Spinoza, Schopenhauer).

Contre la fugacité, pour le style. Contrairement à Marc Aurèle, qui tire de l'impermanence un détachement, Nietzsche combat le sentiment de fugacité en donnant à chaque instant la consistance de l'éternité (« amor fati »). Contre Luc Ferry, il ne s'agit pas de sélectionner les bons moments, mais de « donner du style à son caractère », transformer sa vie en œuvre d'art pour pouvoir la désirer à l'identique ; l'éternel retour est un dépassement du nihilisme (« nihilisme actif »). L'émission clôt la première année des Nouveaux chemins : la saison prochaine ils passent de 17h à 17h50.

Excerpts

“« une pensée qui a pour vocation de changer la vie de transformer l'existence »”

“« la légèreté pour Nietzsche n'est pas un état mais bien plutôt une aptitude »”

“« la pensée de l'éternel retour doit être comprise dans la perspective qui est la sienne »”